« L’Abondance a des atouts pour ceux qui veulent s’installer dans la filière laitière »
À Bonial, on mange, on respire et on dort Abondance. Au bien nommé Gaec des Abondances, la race est une vraie passion pour les deux associés, Marie-Pierre et Alain Bresson.
À Bonial, on mange, on respire et on dort Abondance. Au bien nommé Gaec des Abondances, la race est une vraie passion pour les deux associés, Marie-Pierre et Alain Bresson.

L’Abondance, Alain Bresson est tombé dans la marmite dès son plus jeune âge. Sur la ferme familiale, le père Bresson élevait des montbéliardes et des abondances. « J’ai toujours connu cette race, et elle me plaît bien », sourit l’éleveur qui plus de trente ans après son installation en 1993 « ne trouve toujours aucun défaut à l’abondance ».
Aujourd’hui la quatrième race laitière française avec 60 000 animaux dont 24 000 vaches inscrites au contrôle laitier, elle est présente dans une vingtaine de départements français ; la majorité de ses effectifs se situe toujours dans les deux départements savoyards.
Elle est connue et reconnue pour sa production laitière (5 400 kg de lait en moyenne par vache), la qualité de son lait (TP 33,0) et son aptitude fromagère. Son lait participe à la fabrication de 14 fromages AOP et IGP en France. Vache économique, c’est également la vache laitière qui présente la meilleure longévité. Ses qualités de rusticité, de marche, de longévité séduisent de plus en plus d’éleveurs ayant fait le choix de l’agriculture biologique. Toutes ces qualités font que l’Abondance, depuis vingt ans, progresse en effectifs et conquiert de nouveaux éleveurs et de nouveaux territoires.
Une race, des qualités intéressantes
À Bonial, loin du berceau de la race, la famille Bresson chouchoute sa trentaine de laitières dont le lait est livré à Sodiaal « depuis toujours », sans compter une vingtaine de génisses pour le renouvellement. Et garde des veaux, la moitié en race pure, l’autre en croisés, qui sont revendus. « Au niveau de la production, cette race est vraiment complète autant en viande qu’en lait. Les deux côtés sont valorisables ».
Sur la ferme, le travail de la génétique du troupeau est une activité quotidienne. « On essaye de travailler tous les critères importants : morphologie, mamelle, production », détaille Alain Bresson. Ils sont suivis en contrôle laitier par la chambre d’agriculture, régulièrement. « À une époque, on l’avait arrêté, mais on s’est rapidement réinscrits parce que ça nous a manqué », explique l’éleveur qui trouve intéressant d’avoir cet œil extérieur à l’élevage et ce traitement des données qui permet d’avancer dans la bonne direction.
Aux Miss laitières, l’éleveur a longtemps amené des animaux. « C’est important de participer à ces concours départementaux. Déjà parce qu’on y passe un bon moment, et ensuite parce que ça permet de discuter ». Pour Alain Bresson, les progrès génétiques rapides de la race ces dernières années font que l’Abondance a toute sa place dans les concours, et peut tenir la dragée haute à d’autres. « C’est une race qui peut vraiment se comparer aux autres, le travail des éleveurs sur les troupeaux est de qualité », salue-t-il.
Une passion transmise en famille puisque l’an dernier, c’est la nièce d’Alain Bresson qui, fièrement, a conduit Roya sur le ring pour la présentation. C’est d’ailleurs cette dernière qui avait insisté pour s’inscrire. Un passage de relais réussi.