En vidéo : démonstration de chiens de troupeaux au Sommet de l'Elevage / Article : Signaux au vert pour l’élevage ovin : il faut installer
Découvrez en vidéo un petit rappel sur la présence des ovins au Sommet de l'élevage 2015, mais surtout une démonstration de chiens au travail sur troupeaux ! Le public était au rendez-vous sur le ring ovin.
Article : L’Institut de l’Élevage et les Chambres d’Agriculture d’Auvergne et de Bourgogne montrent que l’élevage ovin est dans un contexte favorable.

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En élevage ovin, les signaux sont au vert. C’est ce qu’ont démontré les intervenants de la conférence organisée par l’Institut de l’Élevage et les Chambres d’Agriculture d’Auvergne et de Bourgogne, dans le cadre du Sommet de l’élevage, jeudi 8 octobre.La conjoncture mondiale est porteuse. Marie Carlier de l’Institut de l’Élevage a présenté les mouvements du marché mondial mettant en relation les grands bassins de production (Australie, Nouvelle-Zélande, Inde, Amérique du Sud) excédentaires et les zones de consommation déficitaires (Chine, Moyen-Orient, Union Européenne, Amérique du Nord). L’analyse de ces flux : importations, exportations, production, consommation, tend à montrer qu’en France, la baisse du cheptel ralentit, la production diminue légèrement de 1 % en 2015 malgré une hausse des poids de carcasse et de la productivité numérique, les importations continuent de reculer (- 7 % en 2015) de même que la consommation. À ces critères, il convient de rajouter l’impact positif de la PAC (Politique agricole commune) depuis 2010. Quant aux prix, le recul de la production soutient le cours de l’agneau. La situation actuelle est donc favorable à la production ovine en France.
Bonnes perspectives d’avenir
L’Institut de l’Élevage reste optimiste pour l’avenir en dégageant les perspectives à plus ou moins long terme. Ainsi Marie Carlier analyse : «la Chine importe moins mais pourrait revenir sur le marché puisqu’elle décapitalise en ce moment ; en Océanie, 2 années de sécheresse conduisent à une diminution de la production et des abattages ; du côté du Royaume-Uni, il faut surveiller car les prévisions portent sur une forte hausse. Quant à la France, la production pourrait augmenter, mais pour cela il faut installer. Les prix sont à la hausse et la PAC est plutôt favorable à la production ovine». En conclusion, Patrice Abdalla, président du Syndicat des Éleveurs de Moutons de l’Allier insiste : «Il faut continuer à dynamiser notre filière pour installer des jeunes. À l’installation, les coûts sont moindres par rapport à d’autres productions». Et d’enchérir : «Nous faisons une agriculture respectée et respectable».Après que Gérard Servières de l’Institut de l’Élevage ait présenté l’impact économique de la consommation de concentré sur le revenu, il ressort nettement que l’autonomie fourragère et céréalière est un élément déterminant, sans oublier bien sûr la génétique.
Valoriser l’utilisation de l’herbe avec 150 brebis
Deux témoignages avec des exploitations radicalement différentes sont venus éclairer la présentation de l’exposé.Patrice Guyard installé dans la Nièvre en 1994, a fait le choix d’une exploitation mixte avec 60 vêlages et 150 agnelages par an, pour 97 ha de SAU. Les 120 brebis et 30 agnelles, des Suffolks, mettent bas en février en même temps que les vaches ce qui fait un gros pic de travail pour l’éleveur. Néanmoins, il explique ce choix pour optimiser la valorisation de l’herbe sur son exploitation située en zone défavorisée avec des sols pauvres et séchants.Les résultats techniques sont très bons avec 98 % de taux de mise-bas, 11 % de mortalité, 172 % de prolificité et 151 % de productivité numérique. Ces résultats, explique le technicien du département Christophe Rainon, «c’est la somme d’une qualité génétique, de la rigueur de l’éleveur et d’une alimentation maîtrisée». Et les résultats technico-économiques affichent un Excédent Brut d’Exploitation (EBE) de 46 700 € soit 33 % du Produit brut, et un coût de production de 8 €/kg de carcasse agneau, avec un chargement de 1,30 UGB/ha de SFP et une consommation de concentré de 4,1 kg/kg de carcasse d’agneau produit. Exploitant individuel, Patrice Guyard espère trouver un peu de surface supplémentaire pour diminuer son chargement, avoir plus de souplesse et diminuer l’utilisation d’engrais.
1500 brebis conduites en 3 agnelages en 2 ans
Autre exemple, autre situation. Jean-Paul Dabert est installé dans un Gaec familial à 3 associés dans le Puy-de-Dôme. En 2015, l’exploitation compte 1 500 brebis en production + 300 agnelles et 100 réformes, élevées sur 88 ha de SAU et 170 ha de parcours. L’éleveur pratique le 3 agnelages en 2 ans sur une troupe de Rava en sélection et pour les moins bonnes croisées avec du Charollais, de l’Ile de France et du Berrichon. Avec 1 440 brebis mises à la reproduction, les résultats font apparaître un taux de 124 % de mises-bas, 157 % de prolificité (2 799 agneaux nés), 14 % de mortalité, et 168 % de productivité numérique (2 421 agneaux élevés). La majorité des agneaux sont vendus en Label Rouge Adret. Le concentré représente 6,8 kg par kg de carcasse agneau. Quant aux résultats économiques, ils affichent un EBE de 116 000 € avec un coût de production de 13,10 €/kg de carcasse produit. Là aussi, les éleveurs valorisent bien leurs agneaux vendus légers, sous label, ou en agnelle de reproduction. Ce que recherchent aujourd’hui, Jean-Paul Dabert et ses associés, c’est encore plus d’autonomie fourragère.Alors que le contexte est favorable au niveau mondial, que la PAC soutient la production ovine, on peut donc dire que les signaux sont au vert pour les ovins. Néanmoins Patrice Abdalla pointe quatre leviers qui, selon lui, permettent de sécuriser davantage son revenu : «augmenter la productivité, améliorer l’autonomie fourragère et céréalière, maîtriser le sanitaire, et adhérer aux démarches de qualité».
Suzanne Marion