Bovin
Avoir un syndicat fort
Les adhérents de la section creusoise du Herd Book Limousin se sont réunis. Entre bilan d'orientations mitigé, activité maintenue de la Section et perspectives, la section a ouvert les débats.

Ils sont une cinquantaine d'adhérents à être venus débattre de l'activité et de la vie de la section Creuse du HBL à Bourganeuf le 20 octobre dernier pour l'assemblée générale de la structure. L'occasion pour le président Daniel Peyrot de souligner « la nécessité d'avoir un syndicat fort ! ». Si la section enregistre une baisse du nombre de ses adhérents (- 6 %), elle accuse une hausse de 4 % des vaches inscrites. Autour de Sébastien Stamane, directeur technique du HBL, les adhérents ont pu dresser le bilan de la campagne écoulée avec un constat : la valorisation des mâles a contribué à la bonne santé de la section. Pour les veaux nés en 2008, on note en particulier une augmentation du développement squelettique et des facilités de naissance. Facilités de naissance dont « il faut veiller au maintien », selon Sébastien Stamane. Même constat en ce qui concerne le potentiel de croissance dont le niveau est satisfaisant comparativement au national.
Logique économique
Un bémol fut mis sur la valeur d'allaitement. Le caractère, certes, progresse mais pas de façon aussi importante que souhaité et reste donc à développer avec une moyenne à peine au dessus de la base de référence. Il en va de même pour le développement musculaire qui, à l'inverse, accuse une phase de régression génétique. « Ce caractère [développement musculaire] fait partie de la plasticité de la race limousine et de la capacité à engraisser les animaux plus tôt. C'est un point sur lequel il faut progresser » a insisté Sébastien Stamane. Même constat pour Daniel Peyrot, « un veau sur 4 est vendu au sevrage. Quand on voit ces chiffres, on voit qu'on ne correspond pas au marché ». Pour Sébastien Stamane, même si les chiffres présentés ne sont qu'une moyenne, « si on veut travailler sur le long terme avec une logique économique sur les exploitations, il faut faire attention à cela ».
Un bilan 2000-2010 en demi-teinte
L'heure fut ensuite au bilan des orientations décidées il y a 10 ans pour une mise en œuvre sur la période 2000-2010. Ces orientations avaient été définies pour établir des priorités dans les choix et répondre aux attentes des partenaires de la race sur les aptitudes bouchères et les qualités maternelles, en maintenant un équilibre entre les deux. Concernant les aptitudes bouchères, il s'agissait de mettre l'accent sur le potentiel de croissance et le développement musculaire, et pour les qualités maternelles, sur la valeur d'allaitement. Au regard de la réalité, force est de constater que les objectifs n'ont pas complètement été atteints. Les effets ont été moindres sur le développement musculaire et les facilités de naissance enregistrent une baisse. Une des composantes des choix des éleveurs durant ces dernières années a, en effet, été une sélection sur les performances au sevrage plus intense que sur les index de valeur génétique.
Vers la mise en place de deux index ?
Finalement, la course aux poids de carcasse favorisée par les grilles de paiement, les concours qui mettent en avant des animaux qui ne correspondent pas totalement aux orientations raciales et des caractères génétiquement opposés ont conduit à la non atteinte des objectifs. Face à ce constat, il faudra prendre en compte pour demain, les apports de la génomique, l'évolution des index post-sevrage et une tendance vers la dissociation des orientations entre index de qualités maternelles et index morphologique qui vont modifier le paysage. Ainsi, se pose la question du bien fondé de la mise en place pour l'avenir de 2 index dissociés : un index élevage et un index morphologique.