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Influenza aviaire : Le virus est encore très présent en Europe

Bien que la présence du virus influenza aviaire soit moins détectée dans la faune sauvage, il reste présent avec des dizaines de foyers détectés en Allemagne, Pologne, et République Tchèque.

Les migrateurs ont commencé à remonter vers le Nord et l'Est et des mortalités sont constatées le long de la Mer Baltique
© G. Deloison

La situation s’améliore en France, avec le dernier foyer de virus H5N8 détecté en élevage le 26 mars dans le Gers, signant le recul de l’épizootie dans le sud-ouest. Les volailles sont progressivement remises en place, à l’exception de la zone centrale de la Chalosse qui attendra au moins jusqu’au 15 mai.

Le virus H5N8 a été détecté sur les bords Français du Lac Léman à Messery (74) le 9 avril dans la basse-cour d’un particulier. Le 20 avril, une basse cour alsacienne a été mise sous suspicion forte à Illkirch-Graffenstaden.

Selon le dernier décompte du Ministère, en date du 13 avril, depuis le mois de novembre 2020 la France a connu 490 foyers en élevages (475 dans le sud-ouest) et 20 dans l’avifaune sauvage ou captive (oiseaux d’ornement).

Hors de contrôle en Allemagne et Pologne

En revanche, le virus reste bien présent en Europe continentale.

Le virus a été détecté le 16 avril en Belgique dans la basse-cour privée. De sorte que le processus de déconfinement des élevages professionnels prévu ce mercredi 21 avril a été reporté. En revanche, le déconfinement des volailles non commerciales reste effectif depuis le 6 avril.

C’est surtout en Allemagne et Pologne, et dans une moindre mesure en Tchéquie, que la situation est jugée préoccupante, relate le dernier rapport hebdomadaire de la plateforme Esa paru mardi soir. La situation n’est plus sous contrôle.

En Allemagne, 29 basses-cours ont été déclarées entre le 24 mars et le 18 avril dans le Land de Bade-Wurtemberg, frontalier avec la Suisse et l’Allemagne. C’est ce qui a conduit la France à mettre en place mi-avril une zone de surveillance dans seize communes d’Alsace. Cette région a aussi connu trois foyers domestiques courant mars.

Selon le laboratoire de référence allemand (Institut Friedrich-Loeffler), l’épizootie actuelle est bien pire qu’en 2016-2017. La plupart des actuels  foyers domestiques allemands ont été livrés en poulettes démarrées vendues par des vendeurs itinérants. Elles provenaient d’un élevage déclaré contaminé le 22 mars à Paderborn (Rhénanie du Nord-Westphalie). Environ 10 000 poules contaminées ont été livrées dans 152 élevages de six Lands. Par chance, les vendeurs ne sont allés ni en France ni en Suisse.

En Pologne, quarante et un foyers de volailles ont été déclarés rien que la semaine du 11 au 18 avril, et 36 la semaine précédente. Et les déclarations se poursuivent : le cap des 200 foyers déclarés depuis le début de l’année a été dépassé le 19 avril, avec 6.3 millions de volailles atteintes. La région la plus touchée se situe dans la zone centrale en Grande Pologne avec 69 foyers (1,55 millions de volailles), devant la Mazovie, région comprenant Varsovie (64 foyers et 3.7 millions de volailles).

La Tchéquie a fait part de déclarations dans des basses cours mais aussi des élevages, notamment de canes reproductrices.

La plateforme Esa souligne que « la chronologie de détection chez les volailles est variable selon les pays, et sans dépendance apparente avec une détection préalable chez les oiseaux sauvages ou captifs. »

Encore de fortes mortalités dans l’avifaune

Les relevés de déclarations européennes font apparaître une baisse des cas dans l’avifaune sauvage durant les six dernières semaines. Le taux de positivité serait passé de 15-18 % à 10 % selon les chercheurs néerlandais de Wageningen. Les espèces touchées ont changé, avec plus de prédateurs et charognards (buses, faucons pèlerin, goélands…), sachant que les anatidés (cygnes et oies) paient encore un lourd tribut.

Les oiseaux migrateurs ont commencé à se déplacer vers le nord ou l’est de l'Europe, et c’est ce qui expliquerait des résurgences en Allemagne et Pologne.

Ces derniers jours, de nombreuses mortalités ont été observées au nord des Pays-Bas, près de la mer Baltique où les premiers oiseaux morts avaient été découverts en octobre-novembre 2020. Les gardes néerlandais chargés de l'environnement  trouvent des centaines de cadavres d’oies, goélands et rapaces, rapporte le 20 avril la chaine RTV Noord.

 

carte européenne des déclarations influenza aviaire depuis l'automne 2019

 

Lire aussi notre dossier sur l'influenza aviaire

 

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