Aller au contenu principal

Risques climatiques : comment l'indemnisation va diminuer pour les non-assurés ?

Présenté au comité national de gestion des risques en agriculture, un projet de décret précise le taux d’indemnisation publique pour les non-assurés.

sécheresse prairie
La solidarité nationale interviendra au-delà de 30% de perte pour les prairies.
© Pixabay

[Mis à jour le 3 octobre à 10h45]

Le ministre de l’Agriculture a présenté le 29 septembre au Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) un projet de décret contenant les derniers paramètres sur la réforme de la gestion des risques climatiques.

Le ministère de l'Agriculture a confirmé le 30 septembre que le décret validé en CNGRA intègre la dégressivité du taux d’indemnisation publique pour les non-assurés en carte de pertes très importantes (dégâts dits catastrophiques).
 

Dégressivité sur trois ans du taux d’indemnisation

Le taux d’indemnisation publique pour les non-assurés tombe ainsi

  • à 45% dès 2023,
  • puis à 40% en 2024
  • et 35% en 2025, pour les récoltes assurables

L’objectif selon le ministère de l’agriculture : inciter les agriculteurs à assurer leurs récoltes.

Concernant les productions sur lesquelles il n’existe pas d’offre assurantielle à l’heure actuelle, comme l’apiculture, le maraîchage diversifié, les plantes médicinales ou encore les semences, le projet de décret fixerait un taux d’indemnisation publique de 45% sans dégressivité.
 

Les seuils d’intervention de la solidarité nationale

Pour rappel, mi-septembre Elisabeth Borne a annoncé les seuils d’intervention de la solidarité nationale (pour les pertes très importantes) : elle interviendra pour les risques les plus élevés soit 50% des pertes pour les grandes cultures, cultures industrielles et légumes et la viticulture et 30% pour l’arboriculture et les prairies. Les assurés bénéficieraient alors d’une prise en charge de 90% des pertes.

 

20% de franchise, 70% de soutien sur la prime

Quelques jours plus tôt à Terres de Jim, Emmanuel Macron avait annoncé que l’assurance multirisques climatiques interviendra au-delà d’une franchise subventionnable de 20% avec un soutien public renforcé à hauteur de 70% de la prime payée.


Réassurance, évaluation sanitaire et moyenne olympique : trois points de vigilance

Si les derniers contours de la mise en œuvre de la réforme se précisent, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA a écrit le 22 septembre aux parlementaires, sur trois dispositions posées par de réforme de la gestion des risques climatiques (loi n°2022-298 du 2 mars 2022) qui n’ont pas encore « fait l’objet de déclinaison » demandant une audition auprès de la mission d’application de la loi pour en discuter.

Les trois points soulevés par la FNSEA :

  • La création du groupement de réassurance : le syndicat majoritaire agricole s’inquiète de voir cette instance ne pas être opérationnelle dans les plus brefs délais
  • L’évaluation des pertes de récolte fourragère : en parallèle de l’évaluation satellitaire, la FNSEA demande « la mise en place, dès le 1er janvier 2023, d’un dispositif complémentaire d’expertises terrain simple et accessible à chaque éleveur, assuré ou non » pour corriger tout incohérence dans l’évaluation.
  • Le calcul de la moyenne olympique : servant de référence pour mesurer le taux de perte, cette moyenne est critiquée par les exploitants agricoles. Conformément aux objectifs affichés à l’article 20 de la loin la FNSEA demande que « la réflexion s’engage immédiatement avec la publication d’un rapport gouvernemental sur les actions et pistes d’évolution à envisager aux niveaux européen et national sur les modalités de calcul du potentiel de production moyen par culture ».

Les plus lus

Taille d’une haie en bordure de champ
Interdiction de la taille des haies à partir du 15 mars : des dérogations collectives obtenues par les syndicats agricoles, quels départements concernés ?

Suite aux intempéries de l’automne et aux fortes pluies de janvier 2025, des demandes de dérogation pour l’interdiction de la…

Haie taillée à l'épareuse entre deux prairies.
Taille des haies : quelles obligations pour les agriculteurs de maintien et d’entretien en 2025 ?

Après des mois d’annonces politiques et de navette parlementaire, quelles obligations reste-il pour les agriculteurs au regard…

Hangar photovoltaïque agricole
Hangars photovoltaïques agricoles : le tarif d’achat de l’électricité passe à 95 €/MWh jusqu’en juin… et après ?

L’arrêté tarifaire modifiant l'arrêté S21 vient d’être publié au Journal officiel, il annonce une baisse du tarif d’achat de l…

 Panneaux photovoltaïques sur une stabulation
Hangars photovoltaïques agricoles : le gouvernement appelé à maintenir le tarif fixe de 95 Eur/MWh

Le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) demande au ministre de l’Industrie de revoir son projet de révision drastique à la…

Bruno Cardot dans un hangar devant des tracteurs
L’agriculture française est-elle entrée en guerre économique ?

« L'agriculture dans la guerre économique », réalisé par Tek5 et le Centre de recherche appliquée de l’Ecole de…

Jeune agricultrice montant dans un tracteur en période de moisson
Qui sont les nouveaux installés en agriculture ? Cinq profils types définis par l’ESA

Les résultats de l’enquête Agrinovo, menée par l’ESA, auprès de 3 400 nouveaux agriculteurs installés en 2018 et 2022…

Publicité