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« L'évolution du climat risque de faciliter l'installation de nouveaux ravageurs », Nicolas André de la Fredon Occitanie, référent national vigne

Si l’on n’y prend pas garde maintenant, les ravageurs sous surveillance pourraient devenir des objets de lutte supplémentaires. Le point avec Nicolas André, de la Fredon Occitanie.

Nicolas André est responsable technique à la Fredon Occitanie et référent national vigne.
Nicolas André est responsable technique à la Fredon Occitanie et référent national vigne.
© N. André

L’évolution du climat fait-elle courir des risques supplémentaires à la vigne en termes de ravageurs ?

Le climat joue effectivement sur les émergents. C’est très rarement la cause de l’apparition d’un nouveau ravageur, car l’introduction des pathogènes est généralement due aux échanges de matériel végétal. Mais le changement du climat peut faciliter leur installation, une fois arrivés. Prenons l’exemple de la bactérie Xylella fastidiosa : la sous-espèce « fastidiosa », responsable de la maladie de Pierce en vigne, est plutôt inféodée aux régions chaudes, comme la Californie. Elle a des exigences de température fortes. Ainsi le réchauffement du climat lui offrirait un plus grand terrain d’expression en France.

Quels sont les ravageurs émergents que vous surveillez de près ?

Plusieurs organismes de quarantaine prioritaire nous préoccupent particulièrement sur la vigne. À commencer par le scarabée japonais, Popillia japonica. Ce n’est pas un ravageur spécifique à la vigne, mais les observations réalisées dans le nord de l’Italie et de la Suisse montrent qu’il a une appétence particulière pour cette culture. Dans certains cas il a une action de défoliation très forte. Nous n’avons pas eu de détection en France à l’heure actuelle, mais nous avons eu une alerte à la frontière entre l’Alsace, la Suisse et l’Allemagne. La probabilité que Popillia japonica entre sur le territoire national est forte. Les Italiens en sont déjà au point d’expérimenter des programmes de lutte.

Nous surveillons également de près la bactérie Xylella fastidiosa. À ce jour, la sous-espèce « fastidiosa » qui inquiète la filière n’est présente en Europe que sur une île des Baléares, où elle est maintenant installée dans le vignoble local. Mais depuis trois ans nous n’avons eu aucune autre détection sur le continent. Les Fredons réalisent en France des prélèvements systématiques sur des vignes aussi bien symptomatiques qu’asymptomatiques.

Si l’un de ces deux ravageurs était trouvé dans l’Hexagone, nous entrerions dans une stratégie d’éradication. Ce qui voudrait dire de nombreux traitements insecticides, et un véritable impact sur les programmes de lutte phytosanitaire chez les viticulteurs des régions concernées.

En parallèle, nous portons une attention spécifique aux vecteurs de Xylella fastidiosa subsp fastidioda d’origine non européenne. Il existe des cicadelles vectrices de la bactérie qui sont spécifiques à la vigne, comme Homalodisca vitripennis. Leur introduction aurait un impact si la bactérie venait à s’implanter en France.

Les viticulteurs ont-ils un rôle à jouer et de nouvelles pratiques à intégrer ?

C’est certain. Nous essayons de couvrir au mieux le territoire mais nous ne pouvons pas être partout. Les viticulteurs doivent être un relais au vignoble. Ils jouent un rôle important à travers leurs signalements, dans le sens où cela peut aider à détecter précocement les ravageurs. Je pense que, malheureusement, cela fait partie de l’évolution globale du métier, qui devient plus technique. Mais ces organismes peuvent avoir un impact tellement fort sur nos filières que les viticulteurs ne peuvent l’ignorer. Évidemment, cela implique pour les professionnels de se tenir constamment au courant des nouvelles menaces et des symptômes qui y sont associés pour pouvoir les détecter.

Que faire lorsqu’on a une suspicion de ravageur émergent dans son vignoble ?

Tout viticulteur qui a des doutes sur un symptôme ou un insecte observé dans ses vignes doit faire remonter l’information aux instances comme la Draaf ou la Fredon. Certains ont déjà le réflexe. L’an dernier par exemple nous avons été contactés par un viticulteur languedocien qui avait un cas de défoliation, et suspectait des dégâts de Popillia japonica. Il s’avère finalement qu’il s’agissait du hanneton vert de la vigne, Anomala vitis. Mais qu’importe : cela montre que la profession joue son rôle.

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