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Les rendements sans limites
Le négoce le préconise : il faut augmenter les rendements pour les vins de cœur de gamme. Plus facile à dire qu’à faire ! Aux obstacles intellectuels, voire philosophiques, s’ajoutent des freins agronomiques. Sans oublier ceux liés à la contractualisation.
Le négoce le préconise : il faut augmenter les rendements pour les vins de cœur de gamme. Plus facile à dire qu’à faire ! Aux obstacles intellectuels, voire philosophiques, s’ajoutent des freins agronomiques. Sans oublier ceux liés à la contractualisation.

La nouvelle organisation commune de marché est en train de faire bouger les lignes. Enfin ! pourront dire certains. Car désormais, parler en France d'une augmentation des rendements à l'hectare n'est plus tabou. Il faut rappeler qu'avec la nouvelle segmentation des vins que met en place l'OCM, dés les prochaines vendanges 2009, la catégorie des vins sans indication géographique (les ex-vins de table notamment et peut-être certains vins de pays, voire des AOC génériques) ne connaîtra plus aucune limite en matière de rendement. L'espace de liberté que d'aucuns ont tant souhaité est enfin à portée de mains.Reste à savoir comment utiliser cette liberté bientôt retrouvée.
Pour Bruno Kessler, directeur des achats des Grands chais de France, elle représente une opportunité sans pareil pour se battre à armes égales avec le Nouveau monde. « Pour être sur le marché dans les années à venir, il y a deux façons d'agir : soit on joue la compétitivité sur le cœur du marché (2 à 5 euros) , soit on mise sur le rapport qualité-prix pour le haut de gamme. Dans le premier cas, l'augmentation des rendements sera le nerf de la guerre ». Et de proposer, en vue d'obtenir un revenu/ha correct, un calcul partant du prix auquel on souhaite vendre le vin au consommateur tout en lui assignant un rendement optimal afin d'être compétitif et rentable. Ce qui revient à mettre en cohérence le positionnement produit avec les coûts de production et de dégager un revenu/ha correct pour chaque segment de prix visé - Michel Issaly, président des Vif, faisant remarquer, non sans malice, que le négoce désormais se préoccupe davantage du revenu/ha que du prix du vin.