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Approvisionnement
Récolte blé 2023 - Des craintes pour les besoins des filières Qualité sous cahier des charges

La Coopération agricole Métiers du grain confirme le risque de tension pour certaines filières utilisatrices de blé de qualité (CRC, Label rouge, Bio...).

Catherine Matt et Antoine Hacard, respectivement directrice et président de La coopération agricole Métiers du grain à Paris le 11 octobre
© Rodolphe de Ceglie

"Le coût de certaines productions sous cahier des charges a explosé", a admis Antoine Hacard, président de la Coopération agricole Métiers du grain le 11 octobre à Paris lors d'un point presse. "Si on s'intéresse à certaines filières, les coûts ont augmenté. Si on regarde celle du CRC (culture raisonnée contrôlée) notamment , la prime qui était de 25 euros la tonne a nettement progressé", explique t-il.

Difficile ensuite pour le meunier de faire passer une telle hausse à l'aval de la filière. "C'est un vrai sujet, il y a un gros risque de baisse des volumes pour les productions sous cahiers des charges CRC notamment", conclut le président de la Coopération agricole Métiers du grain. Un recul éventuel des volumes qui ne se limite pas aux seuls blés CRC mais à l'ensemble des productions sous cahier des charges exigeants par rapport au conventionnel.

Plus précisément, "La prime pour du blé CRC est passée de 21 euros la tonne payée à l'organisme stockeur à 36 euros la tonne pour la seule récolte 2023. Cette mesure exceptionnelle a été décidée en conseil d'administration au printemps et annoncée a l'ensemble de la filière le 1er juin afin d'accompagner l'engagement des agriculteurs pour la Récolte 2023 et la demande croissante du marché, dans un contexte particulier. Cette décision fait également écho a l'engagement majeur de la filière CRC en faveur de la rémunération des agriculteurs", a précisé à La Dépêche, Marc Bonnet, directeur général de la filière CRC, le 13 octobre à Dijon à l'occasion des Journées techniques des industries céréalières. "Concernant les prévisions sur la récolte 2023, à notre niveau, nous n'avons pas constaté d'érosion des surfaces pour le moment", a ajouté t-il ajouté.

Depuis quelques mois, certains industriels, notamment des meuniers s'approvisionnant en blé de qualité produit sous cahiers des charges particuliers s'inquiètent d'une possible standardisation de la production de blé en 2023 compte tenu des prix relativement hauts du blé standards, du prix des engrais ou des efforts à mettre en place dans les cahiers des charges.

Pas de crainte pour la filière biologique pour l'instant

Concernant la filière biologique, si la production de blé bio devrait être au rendez-vous cette année (+14% par rapport à celle de 2021 qui s'élevait à 391 000 t, selon France AgriMer, les surfaces ayant un peu progressé pour 2021/2022 par rapport à 2020/2021), "on ne voit pas de mouvement massif de décertification", rassure Antoine Hacard. Et d'ajouter " Nous avons constaté des ventes de blé C2 (deuxième année de conversion) sur le débouché traditionnel. Pour 2022/2023, l'offre et la demande se retrouvent et l'on constate même des exportations vers le nord de l'UE. Les conversions sont à l'arrêt. C'est une bonne chose car il y a aujourd'hui un équilibre entre la production française et les besoins".

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