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Pourquoi l’agriculteur belge Hugues Falys poursuit-il TotalEnergies en justice ?

C’est une première en Belgique, un agriculteur basé dans le Hainaut assigne en justice TotalEnergies parce qu’il estime que la multinationale est à l’origine des effets dévastateurs du changement climatique au sein de son exploitation.

L'agriculteur belge Hugues Falys a décidé d'attaquer en justice Total Energies
Hugues Falys a décidé d'intenter une action en justice contre TotalEnergies.
© thefarmercase.be

Hugues Falys est un agriculteur du Hainaut, en Belgique. Il y cultive depuis 1993 des céréales, des protéagineux, des légumes, des fraises et il élève une centaine de vaches de race charolaise pour la production de viande bio

Alors qu’il subit les effets du dérèglement climatique dans son exploitation depuis plusieurs années, Hugues Falys a décidé de poursuivre en justice l’une des multinationales qu’il estime être à l’origine des problèmes au sein de sa ferme : TotalEnergies. L’action en justice a été portée le 13 mars devant le tribunal de l’entreprise de Tournai, à la frontière avec la France.

« Ma profession est en première ligne »

 « La crise climatique a un impact négatif concret sur mon travail et sur ma vie : pertes de rendement, surcroît de travail, stress lié aux changements dans le calendrier des récoltes. Ma profession est en première ligne : ces dernières années, la crise climatique a bouleversé notre activité. L’incertitude est totale, les dommages nombreux, l’avenir incertain » explique Hugues Falys.

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Garantir le respect des objectifs de l’Accord de Paris

L’action en justice d’Hugues Falys est la première affaire climatique jamais intentée en Belgique contre une entreprise multinationale. Trois ONG belges (FIAN, Greenpeace et la Ligue des droits humains) épaulées par la Coalition Climat et la Fédération internationale des droits humains (FIDH), soutiennent l’action de l’agriculteur belge. 

L’affaire vise non seulement à faire reconnaître les dommages subis par Hugues Falys, mais aussi à garantir le respect des objectifs de l’Accord de Paris. La citation demande au tribunal d’exiger de TotalEnergies qu’elle mette en œuvre un plan de transition crédible, qui comprenne l’arrêt des nouveaux investissements dans des projets de combustibles fossiles, une réduction de 47 % de la production de gaz et de pétrole d’ici 2030 et une réduction plus stricte de 75 % d’ici 2040.

Lire aussi : COP28 à Dubaï : quelles sont les décisions adoptées en faveur de l’agriculture et de l’alimentation ?

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TotalEnergies est le principal raffineur et distributeur en Belgique

Dans un communiqué, la FIDH affirme que TotalEnergies est l’une des 21 entreprises de combustibles fossiles responsables de plus d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. « Elle est également le principal raffineur et distributeur en Belgique. Depuis les années 1970, cette « major du carbone » - une entreprise qui a réalisé d’énormes bénéfices pendant des décennies grâce à l’extraction et à la production de produits émettant des gaz à effet de serre comme le pétrole - est consciente de l’impact délétère de ses activités sur le climat, mais a délibérément semé le doute sur l’origine de la crise climatique afin de perturber les politiques climatiques émergentes, tant au niveau européen qu’international » ajoute-t-elle.

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TotalEnergies rejette « la responsabilité juridique d’un acteur donné »

De son côté, TotalEnergies regrette « la démarche contentieuse engagée », estimant que « l'enjeu du changement climatique et de la transition énergétique ne relève pas de la responsabilité juridique d'un acteur donné mais bien de l'effort collectif de l'ensemble de la société ».

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