Un complément alimentaire contre le piétin
Première cause de boiterie en élevage, le piétin occasionne des pertes économiques importantes. Nutrageo élargit la gamme des traitements avec une solution alimentaire enrichie en vitamine B8.

Un complément alimentaire pour se débarrasser du piétin, c’est ce qu’a essayé de mettre en place la société Nutrageo, spécialisée dans la fabrication de compléments alimentaires pour l’élevage. « Nous avions déjà un produit contre la dermatite digitée des bovins, explique Romain Lefebvre de Nutrageo. Comme les éleveurs en étaient satisfaits, nous avons décidé de la tester en ovins chez des éleveurs l’hiver dernier. » Dermageo contient notamment de la biotine, ou vitamine B8, impliquée dans la formation de la corne. « La biotine est souvent utilisée en complément pour les animaux carencés. Ici, c’est ce qui va permettre d’améliorer la dureté des onglons. » Un renforcement que les éleveurs testeurs ont pu constater. « Habituellement je vaccine et j’en suis satisfait, mais j’ai racheté des agnelles vendéennes cette année provenant de différentes exploitations et j’ai ainsi récupéré du piétin, témoigne Marc Marolleau, éleveur dans les Deux-Sèvres. J’ai testé le produit Nutragéo sur un lot de Vendéennes qui boitaient beaucoup, en leur donnant cinq grammes par brebis par jour pendant trois mois. J’ai pu observer un réel assèchement des onglons. »
Facile à mélanger et à distribuer
Le produit contient aussi des argiles, qui contribuent au renforcement des défenses naturelles. Il peut s’utiliser de manière préventive, en cures hivernales, et se distribue en mélange avec le reste de la ration. « Nos bêtes sont à l’extérieur toute l’année sauf de l’agnelage au sevrage, et sur un lot de 60 agnelles, il y en avait 12 qui boitaient, se souvient Éliane Nussbaumer, éleveuse de 300 brebis à Moulismes, dans la Vienne. La technicienne d’Arrivé Bellané, notre fournisseur d’aliment, nous a proposé d’essayer cette solution. C’était un mois et demi avant l’agnelage donc nous complémentions les animaux dehors à l’auge. Nous avons donc incorporé le complément à l’orge à raison de 10 grammes par jour par brebis pendant un mois et demi. L’avantage, c’est que la poudre se mélange bien et colle aux céréales donc elle se mélange facilement et ne se perd pas à la distribution. À la fin de l’essai, seules les deux plus atteintes boitaient toujours un peu, mais globalement le traitement a été très positif, elles avaient de belles cales sur tous les onglons. J’ai continué en parallèle à les passer au pédiluve et à les parer tous les 10-15 jours. Par contre je n’ai pas vacciné. Même si le vaccin fonctionne bien, cela leur donne des hématomes à l’injection. »
combien ça coûte
Le produit est actuellement commercialisé à 5,30 euros par kilo, soit 2,4 euros par brebis pour une cure complète, un coût similaire au coût lissé de la vaccination sur cinq ans. Ce coût est à mettre en relation avec les pertes économiques en élevage liées à la baisse des performances de reproduction et aux retards de croissance, évaluées entre 1 000 et 5 000 euros par élevage atteint.