L'incendie de Lubrizol coûtera cher
Plus de 11 millions de litres de lait ont été jetés ! Éleveurs et transformateurs ont subi un manque à gagner et des surcoûts.
Plus de 11 millions de litres de lait ont été jetés ! Éleveurs et transformateurs ont subi un manque à gagner et des surcoûts.

Suite à l'incendie à Rouen d'une partie du site de Lubrizol et de Normandie logistique, dans la nuit du 25 au 26 septembre, par mesure de précaution, des arrêtés préfectoraux ont été pris le 28 septembre en Seine-Maritime, Oise, Somme, Nord et Aisne. Plus de 200 communes étaient concernées et plus de 3 000 agriculteurs dont 425 éleveurs laitiers. Les éleveurs livreurs ont dû jeter leur lait dans leur fosse à lisier, entre le 28 septembre et le 14 octobre, jour où la collecte a pu reprendre suite à la publication de l'avis de l'Anses. Les produits laitiers transformés sont restés consignés entre l'incendie et le 14 octobre.
Les récoltes réalisées après l'incendie sont restées consignées jusqu'au 18 octobre au soir, date à laquelle l'avis de l'Anses sur les autres produits est tombé, permettant la levée des mesures de restriction sur les oeufs, le miel, les poissons d'élevage et les produits végétaux.
Entre le moment où les préfectures savaient que les analyses étaient correctes et celui où l'Anses a rendu son avis, environ trois jours se sont écoulés, que ce soit pour le lait et les produits laitiers ou que ce soit pour les végétaux. Trois jours précieux où des denrées ont dû être détruites ou déclassées.
Des opérations fourrages ont été organisées. "Plus de 500 tonnes d'ensilage de maïs et de pulpes de betterave ont été achetées par ce biais, en plus des achats de gré à gré", indiquait Guillaume Burel de la FDSEA 76.
Plus de trois millions d'euros de lait jeté
Le Cniel estimait que "plus de 700 000 litres par jour ont été jetés, ce qui fera plus de trois millions d'euros d'indemnisation". L'interprofession laitière a pu réaliser une avance aux éleveurs livreurs, en attendant que les indemnisations leur soit versées. "Une petite partie accompagne la facture des livraisons de septembre et l'autre partie sera versée avec la facture des livraisons d'octobre." Le Cniel s'est porté partie civile dans la procédure lancée pour établir les responsabilités.
Les laiteries ont été touchées par la consignation des produits laitiers qui a fait rater des ventes. Elles ont pu avoir à gérer des retours clientèles, du nettoyage de lignes...Le chemin des indemnisations pour les entreprises sera encore long.
De nombreuses analyses se poursuivront au fil des mois
L'histoire n'est peut-être pas finie. Les analyses - eau, végétaux, produits animaux - continueront au fil des mois et rien ne dit qu'elles seront toujours bonnes.
Dans ses avis qui concernent le lait et les produits laitiers et autres produits agricoles exposés, l'Anses rappellent les contaminants recherchés : dioxines et furanes, PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des éléments traces métalliques (cadmium, plomb, mercure...).
Si les résultats d'analyses, en deçà des valeurs réglementaires, ont permis de lever les mesures de restrictions, il n'e demeure pas moins que l'Anses n'exclue pas que la contamination des sols pourrait impacter à terme les productions végétales du fait du transfert sol-racine-plante. Et l'accumulation dans les oeufs et le lait de certains contaminants n'est pas à exclure.