Aller au contenu principal

De la dermatite digitée sur des génisses en post-sevrage !

Dans cet élevage normand, une dizaine d’animaux ont été contaminés pendant leurs premières semaines de vie. La réactivité des éleveurs a permis de stopper la propagation de la dermatite.

De la dermatite digitée sur l’antérieur d’une génisse de 3 mois.
De la dermatite digitée sur l’antérieur d’une génisse de 3 mois.
© V. Mouhedin

La dermatite digitée (ou maladie de Mortellaro) est bien connue de ces éleveurs de normandes de la Manche depuis quelques années. Ils ont appris à maîtriser la maladie sur les adultes par des mesures d’hygiène : pédiluves réguliers, passage du racleur toutes les 90 minutes et séances de pédicure bimensuelles.

Lors d’une séance de parage, ces éleveurs m’interpellent pour des génisses en post-sevrage qui boitent. Malgré leur bonne connaissance et leur maîtrise de la pathologie, ils sont surpris par le diagnostic de dermatite digitée. Au final, ce sont une dizaine d’animaux qui présentent des lésions sur un ou plusieurs membres.

Des conditions favorables aux bactéries

 

 
Réalisation d’un fumigène dans l’ancienne nurserie. Constat : la fumée est toujours présente 20 minutes plus tard.
Réalisation d’un fumigène dans l’ancienne nurserie. Constat : la fumée est toujours présente 20 minutes plus tard. © V. Mouhedin

 

Un audit de l’élevage est alors réalisé. Il met en évidence toutes les conditions favorisant le développement du cocktail de bactéries impliquées dans la dermatite (différents tréponèmes, Fusobactérium necrophorum, Bacteroïdes spp., Campylobacter spp., Guggenhaimella spp. …) :

]]> la nurserie de l’époque est surchargée ;

]]> la réalisation de test fumigène montre une ventilation insuffisante ;

]]> les cases sont composées d’un trottoir de 1 mètre et d’une aire paillée de 3 mètres. La conception du bâtiment ne permettait pas de curage rapide ;

]]> de plus, la ration contient une trop forte proportion d’ensilage de maïs : elle conduisait à une instabilité ruminale des génisses et par conséquent à des diarrhées chroniques. La marche et le paillé, situé au pied de celle-ci, étaient alors toujours humides et donc propices à la multiplication des bactéries déjà présentes sur la peau des animaux.

Une propagation rapidement stoppée

La contamination s’est certainement faite dans les premières semaines de vie. Car en raison d’un manque de cases individuelles, les veaux restaient parfois quelques semaines dans les boxes d’infirmerie lors d’un pic de vêlage. Et ce même box servait lors des séances de parage.

 

 
Une nouvelle nurserie a rapidement été construite.
Une nouvelle nurserie a rapidement été construite. © V. Mouhedin

 

La propagation a pu être stoppée rapidement par l’amélioration des conditions d’élevage. Une nouvelle nurserie a été construite avec davantage de niches individuelles, des cases collectives sans marche et une bonne ventilation. Les animaux ont été déménagés dans cette nouvelle nurserie. En même temps, la distribution d’ensilage de maïs a été stoppée pour ne donner qu’une ration sèche à base de paille et d’aliment du commerce. Les animaux atteints ont été pris en charge par des soins locaux (pansements).

Des boiteries chroniques et des réformes prématurées

 

 
Une seime verticale sur une primipare qui avait présenté des lésions dans son jeune âge.
Une seime verticale sur une primipare qui avait présenté des lésions dans son jeune âge. © V. Mouhedin

 

Malgré cette réactivité, la dermatite a eu un fort impact sur la carrière des génisses atteintes. Plusieurs d’entre elles avaient des lésions déjà étendues au bourrelet coronaire et au pododerme. Cela a conduit à des nécroses de l’onglon et des seimes verticales. Ces boiteries chroniques ont entraîné des pertes de croissance, des réformes prématurées en fin de première lactation et des soins réguliers : pose de talonnette, pansement et amputation d’onglon pour un animal. Tout ceci illustre bien l’impact qu’une pathologie sur les jeunes animaux peut avoir sur leur future carrière laitière.

À retenir

]]> La carrière laitière des génisses atteintes a été fortement impactée.
]]> La maîtrise de la dermatite digitée passe par l’amélioration des conditions d’élevage : propreté des animaux, ventilation et humidité.
 

Les plus lus

<em class="placeholder">vache équipée pour mesure de courant électrique continu</em>
Courants parasites : un prototype embarqué sur vache laitière permet de mesurer en continu les courants perçus par l’animal

Les méthodes actuelles de diagnostic électrique, en élevage, ne permettent des mesures qu’à un instant t. C’est pourquoi un…

<em class="placeholder">Nicolas Legentil, éleveur normand et co-président de l’AOP FMB Grand Ouest et Normandie</em>
« J’ai deux acheteurs, Lactalis et Savencia, deux tanks mais seul le camion Eurial me collecte dans le Calvados »

Bloqué dans son développement par un contrat avec Lactalis pénalisant tout dépassement, Nicolas Legentil, éleveur laitier dans…

Cyril Mignon, éleveur laitier dans le Finistère
Monotraite partielle : « À 10h30, l’astreinte de la journée est terminée dans mon élevage laitier du Finistère »

Réduire l’astreinte tout en palliant les annuités liées à son installation, c’est un challenge qu’aimeraient voir aboutir…

<em class="placeholder">Vincent Guérin, éleveur dans le Calvados</em>
Courants parasites en élevage : « Le problème venait de mes racleurs dans le Calvados »

À l’EARL de la Pérouze, dans le Calvados, les soucis de courants parasites ont commencé en 2012. L’année d’implantation de…

<em class="placeholder">Alice Nothhelfer, vétérinaire consultante</em>
Abreuvement : « Le manque d’eau freine la production dans neuf élevages sur dix »
L’incidence d’un apport d’eau insuffisant sur les performances et la santé des vaches reste souvent peu palpable en élevage.…
Carte de la répartition des foyers déclarés de FCO 3 en France, à date du 13 mars 2025.
FCO 3 : moins de 100 foyers en une semaine et libre circulation des bovins sur le territoire national

À date de jeudi 13 mars 2025, le ministère de l'Agriculture annonce 10 410 cas de fièvre catarrhale ovine sérotype 3. La…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière