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Île de La Réunion : après le cyclone Garance, la production de litchi « durablement » impactée, les serres de tomates détruites

Le cyclone Garance a touché l’île de La Réunion le vendredi 28 février. Meurtrier et brutal, il a aussi impacté les cultures locales et l’élevage.

Un arbre de litchis à La Réunion
Le litchi est une culture emblématique de l'île de La Réunion. Photo d'archives
© Boyer

[Mise à jour le 12/03/25 : publication au Journal Officiel ce jour de la reconnaissance en état de catastrophe naturelle pour les 24 communes de La Réunion]

[Mise à jour le 7 mars avec déclarations Manuel Valls en fin d'article]

L’île de La Réunion a subi le passage du cyclone Garance vendredi 28 février, un cyclone « brutal et violent » selon les mots du préfet. Bilan à date : 5 morts et des blessés. Ces intempéries meurtrières ont également occasionné de nombreux dégâts matériels : arbres arrachés, voitures emportées par les flots, routes et électricités coupées.

L’année 2024 a marqué La Réunion avec le cyclone Belal en janvier (33 millions d'euros de dégâts selon les chiffres de la chambre d'Agriculture) et une sécheresse de près de 7 mois.

Des dégâts « plus ou moins violents » selon les agriculteurs

Après le cyclone Garance, l’île est « défigurée », et l’agriculture vivrière dévastée. Les exploitations situées sur le passage du cyclone ont été ravagées en quelques heures par la violence du cyclone. De vastes pans de l’agriculture réunionnaise, du nord et de l’est de l’île, sont aujourd’hui sinistrés : plantations de bananes, letchis, canne à sucre, maraîchage…

« Les vergers sont détruits, il va falloir attendre des années pour relancer la production (...) Les cannes, les letchis, les bananes, le maraîchage... Il n'y a plus rien (...) Même les cultures traditionnelles comme la vanille ou le cacao ont été touchées », a estimé Olivier Fontaine, président de la chambre d'Agriculture.

Joël Boyer sur LinkedIn le 3 mars a déclaré : « L’OP Anafruit basée à l’île de La Réunion vient d’être impactée par le cyclone Garance avec ses dégâts plus ou moins violents suivant la situation de chaque adhérent sur l’île . Le terminal export, l’outil de conditionnement est peu impacté… les jours à venir donneront un bilan plus précis de la situation … »

Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France,  qui s’est rendu à La Réunion dès le 2 mars évoque l’ampleur des dégâts sur la production agricole et la « détresse des agriculteurs concernés » dans un communiqué du 3 mars : 

  • Les plantations de bananes sont « littéralement pliées, reportant d’une année la perspective de production » ; les champs d'ananas également.
  • Les cultures sous serre sont « une nouvelle fois détruites » : pertes de production, notamment de tomates, mais aussi pertes des moyens de productions, certaines serres devront être reconstruites. « Ce sont aussi les efforts de recherche de souveraineté alimentaire qui sont anéantis », se désole Chambres d’agriculture France.
  • La production de litchis durablement impactée : « les arbres gravement endommagés condamnent la production laissant les producteurs sans revenus pour au moins 5 années alors que la remise en état des parcelles requiert des moyens supplémentaires ».
  • Pilier économique de l’île, les surfaces en canne sont ravagées.
  • L’élevage et ses bâtiments sont aussi touchés et les coupures de courant et d’alimentation en eau risquent de faire disparaitre les animaux épargnés par le cyclone.

« C’est principalement la filière de la canne à sucre qui est la plus impactée. Les élevages sont également très touchés notamment les hangars d’hébergement », confirme Jérôme Despey, 1er vice-président de la FNSEA.

Des besoins financiers pour l'agriculture réunionaise

« C’est tout un pilier de l’économie locale qui se retrouve à terre et qui nécessite un fond d’urgence pour assurer la survie des exploitations », se désole la FNSEA dans un communiqué le 5 mars.

Sébastien Windsor appelle à « une mobilisation rapide et à la hauteur des préjudices subis ».

La chambre d'Agriculture de La Réunion a demandé à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard une mesure d'urgence et le placement de La Réunion en état de catastrophe naturelle et de calamité agricole.

La FNSEA aussi a appelé l’Etat à débloquer un fond d’urgences « pour faire face à cette catastrophe ainsi qu’à toutes les calamités passées ».

Selon le préfet de La Réunion, Patrice Latron, le cyclone Belal, un an plus tôt « c'était 50 millions de dégâts. Là, on va s'approcher des 100 millions d"euros ».

Sur place, Manuel Valls, ministre des Outre-Mer, a annoncé le 7 mars « avances pour les agriculteurs afin d'éviter les trous dans la trésorerie » et que « les dispositifs de catastrophe naturelle et de calamité agricole » seraient « rapidement mis en œuvre pour débloquer les assurances et les aides de l'État ».

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