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« Je regroupe jusqu’à 13 mètres avec l’andaineur latéral »

Chez Joseph Dumez dans la Nièvre, l’andaineur double a remplacé un modèle monorotor. Il permet à cet exploitant en bio d’être plus serein en période de récolte, grâce au meilleur débit de chantier.

Joseph Dumez, agriculteur à Perroy dans la Nièvre, utilise depuis un an un andaineur à double rotor et dépose latérale. Associé en Gaec avec son père Jean-Guy Dumez dans une exploitation bio en polyculture élevage, il a acheté cet appareil de 6,65 mètres de large pour remplacer un modèle monorotor de 4 mètres qui arrivait en fin de vie. « Notre précédent andaineur était le facteur limitant dans notre chaîne de récolte de l’herbe, car il manquait de débit de chantier. Désormais, avec le double rotor, nous pouvons ramasser rapidement si le temps menace », précise-t-il. Il faut d’ailleurs un outil suffisamment performant pour alimenter la presse à balles cubiques (120 x 90 cm) des exploitants.

L’andaineur double rotor Kverneland 9670 S Evo, d’une valeur de 28 820 euros HT (prix catalogue au 1er septembre 2022), n’est conçu que pour confectionner un seul andain latéral. Les agriculteurs n’ont pas jugé nécessaire, vu les quantités récoltées, d’investir dans le modèle 9670 S Vario (31 267 euros HT) capable de réaliser deux andains. Ils utilisent leur appareil pour récolter une à deux coupes de 30 hectares de luzerne avec un rendement moyen de 3 tonnes par hectare et une coupe de 22 hectares de foin de pré (1 à 2,5 t/ha selon les années). Ce fourrage est destiné pour une partie à l’alimentation des 35 vaches allaitantes charolaises et leur suite. Le reste est commercialisé.

L’andainage de la luzerne en deux temps

Les associés du Gaec se sont orientés vers un andaineur à dépose latérale, afin de bien retourner toute la bande de fourrage ramassée, ce qui n’est généralement pas le cas avec un modèle à andain central, excepté avec un Krone doté d’un mini-rotor central. En luzerne, ils ne fanent pas après la fauche réalisée avec leur conditionneuse à doigts de 4 mètres de large. Ils andainent la veille de la récolte, afin que les plantes encore un peu vertes soient moins sensibles à l’effeuillage. « Lorsque le volume de fourrage est important, nous déposons côte à côte les deux andains formés par l’aller-retour, afin de favoriser le séchage. Nous les regroupons ensuite le jour du pressage. »

Pour respecter la luzerne, le régime de prise de force est réduit à 350-400 tr/min. Le foin de pré est fané avec une machine traînée à six toupies de 6,5 mètres de large. L’andaineur fonctionne à 540 tr/min et lorsque la quantité est faible, les agriculteurs travaillent en aller et retour pour rassembler 12 à 13 mètres. « Auparavant, pour regrouper 11 mètres avec le monorotor, nous devions réaliser trois passages. Nous avons ainsi gagné, avec le double rotor, plus d’un tiers de débit de chantier. En belle parcelle, nous andainons jusqu’à 5 hectares par heure en roulant à 10 km/h. »

Les coins des parcelles bien ramassés

Pour entraîner l’appareil de 6,65 mètres d’envergure, les agriculteurs utilisent un tracteur de 125 chevaux, mais selon Joseph Dumez un modèle de 90 chevaux pourrait suffire. Ils n’ont pas d’autre solution, car ce tracteur qui affiche 9 000 heures au compteur est le plus petit sur l’exploitation. Dans certaines parcelles vallonnées, ce 6 cylindres assez lourd présente l’avantage de rendre le travail plus sûr. L’andaineur Kverneland est équipé d’un châssis porteur doté de deux roues arrière directionnelles. Ses rotors reposent chacun sur quatre petites roues ballons. « Cet outil très maniable suit bien le tracteur et garantit un bon ramassage dans les angles des parcelles. L’essieu directeur est idéal pour contourner un obstacle tel qu’un arbre. Au transport, il faut être vigilant et notamment lors des entrées dans les parcelles. Si vous prenez trop large avec le tracteur, les roues porteuses de l’andaineur peuvent tomber dans le fossé. »

Le temps d’entretien est un peu le point faible de ce double rotor. Les graisseurs sont nombreux (cardans, roues de jauge, roue de transport, articulations…) et pour bien faire le tour, il faut entre 20 et 30 minutes à chaque fois. La machine reste en revanche très simple de conception et se contente d’un distributeur hydraulique à simple effet. « Pour le réglage de la hauteur de ramassage, nous avons opté pour le système mécanique à manivelle. Cela est suffisant, car nous n’agissons sur ce réglage que pour passer du foin à la paille. »

Chiffres clés

250 ha de SAU, dont 45 de prairies temporaires, 30 de luzerne, 175 de céréales
35 vaches allaitantes charolaises et leur suite

Les graines de luzerne commercialisées

Joseph Dumez et son père Jean-Guy ne réalisent qu’une ou deux coupes de luzerne par an. Ils laissent ensuite la culture monter en graines pour la récolter à la moissonneuse-batteuse, afin de commercialiser la semence. Sur leur exploitation en bio, ils ont aussi développé une activité de vente de farine de consommation. Il passe ainsi au moulin le blé dur qu’ils produisent. Ces agriculteurs commercialisent également leur excédent de foin.

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