Aller au contenu principal

Aurélie Mauget, coordinatrice filières bovins pour Unébio
« Unébio travaille sur le retour de valeur ajoutée aux éleveurs allaitants »

Une « prime de qualité bouchère » a été mise en place depuis avril et Unébio cherche à développer le nombre de boucheries artisanales bio pour soutenir la rémunération des éleveurs allaitants de la filière.

Unébio, créé en 2004, est un société commerciale, composée de 2 300 éleveurs structurés en SAS et organisés sur un modèle coopératif.
© Unébio
Pourquoi un complément de prix pour la qualité bouchère a-t-il été mis en place chez Unébio ?

Aurélie Mauget - En 2016, pour préparer l’arrivée massive de nouveaux éleveurs dans la filière, les éleveurs de la Commission filière bovine en concertation avec les opérationnelles d’Unébio ont lancé deux axes de travail. Le premier est de développer le nombre de boucheries artisanales bio. La marge de progrès est considérable, même si cela est difficile à faire. Le deuxième axe de travail est de renforcer la valorisation des muscles arrières des animaux de races à viande. En effet, 70 % de la viande bio est consommée sous forme de steak haché, viande issue principalement des animaux laitiers. Il faut préserver et sécuriser la rémunération des éleveurs allaitants.

Comment cette prime à la qualité bouchère est-elle construite ?

A. M. - Pour nos animaux de cheville et le PAD(1), depuis avril 2017, la première étape est le tri en fonction de la race, l’âge, le poids, et la conformation. La deuxième étape se passe en frigo le lendemain de l’abattage. Un opérateur d’Unébio formé évalue la tendreté par pression du doigt sur le dessus de côte. La couleur et le persillé (qui globalise persillé et marbré) sont évalués visuellement au niveau de la noix de basse côte après ouverture de la carcasse à la cinquième côte. Ces trois critères sont notés de 1 à 5. Les objectifs pour tous ces critères sont modulés en fonction de la race et de la catégorie de l’animal, et en tenant compte aussi des demandes spécifiques de chaque bassin de consommation.

Quels sont les premiers résultats six mois après le lancement de cette démarche ?

A. M. - Les carcasses qui rentrent dans les objectifs définis sont payées avec un complément de prix de 15 centimes d’euro par kilo de carcasse. Celui-ci s’ajoute aux éventuels autres compléments de prix comme celui pour la saisonnalité qui varie de 35 à 55 centimes selon le mois. Environ 70 % des carcasses primables ont bénéficié du complément de prix « qualité bouchère » sur les cinq premiers mois de fonctionnement, alors que nous ne sommes pas dans une année favorable à la qualité de la finition des animaux à cause de la sécheresse. Nous n’avons pas eu de surprise. Des bœufs Charolais manquent parfois un peu de tendreté et des vaches Limousines de persillé. Nous allons développer un système de retour de l’information détaillée à l’éleveur.

Comment évolue le différentiel de prix entre filière bio et filière conventionnelle ?

A. M. - Notre filière arrive à s’émanciper de la pression de l’offre et de la demande. Bien que la demande ait été très forte d’octobre 2016 à septembre 2017, les éleveurs de la Commission bovine ont fait le choix de maintenir les prix d’achat. En août, les éleveurs ont voulu passer une augmentation structurelle et non conjoncturelle : une augmentation des cours de 15 centimes a été répercutée aux industriels et aux distributeurs, parce que nos partenaires partagent la préoccupation du retour de la valeur ajoutée aux éleveurs.

Des démarches telles que « Eleveur & engagé », ou bien « Cqui le patron » sur le steak haché, tablent sur la responsabilisation du consommateur. Ne deviennent-elles pas des concurrents pour la viande bio issue du troupeau allaitant ?

A. M. - Toutes les démarches qui mettent en avant les filières de qualité et une juste rémunération des producteurs doivent être développées. La viande bio ne représente que 3 % du marché de la viande donc nous avons encore de nombreuses possibilités de développement en innovant et en communiquant sur les qualités organoleptiques, nutritionnelles et environnementales de notre viande bio !

(1) Prêt à découper, qui est livré aux rayons traditionnels des grandes surfaces
« Un complément de prix de 15 centimes pour la tendreté et le persillé »

Les plus lus

Décapitalisation : une baisse du cheptel-mère de 20 % à horizon 2030 aurait des conséquences quasi irréversibles « bien au-delà des fermes »

Dans le cadre des Matinales de la Recherche tenues le 18 mars à Paris, la société de conseil Ceresco a projeté, pour le compte…

<em class="placeholder">Florent Meliand, sélectionneur et éleveur de Limousines en système naisseur à Saint-Ulphace (Sarthe)</em>
Florent Méliand, éleveur de limousines dans la Sarthe : « Mon objectif est d’en faire des ruminants le plus tôt possible »

Rationaliser les coûts, Florent Méliand, à Saint-Ulphace dans le pays du Perche sarthois, l’a toujours intégré dans sa logique…

<em class="placeholder">Eleveurs bovins viande et leur conseiller, dans le bâtiment d&#039;engraissement des jeunes bovins où un ventilateur assure la circulation de l&#039;air. </em>
Bâtiment d'élevage : « La ventilation dynamique est devenue indispensable dans notre atelier d’engraissement »

Le Gaec de Buysse, dans l’Aisne, fait tourner les ventilateurs en continu depuis l’installation d’un système de ventilation…

<em class="placeholder">Flavien et Benoit Lecler, agriculteur à Ouville dans la Manche, devant la Remorque autochargeuse Pöttinger Jumbo 7210 Combiline de la Cuma L&#039;Entraide d&#039;Ouville dans la ...</em>
« Nous avons investi en Cuma dans une remorque autochargeuse d’occasion pour accéder à une machine performante, tout en limitant le coût de revient »

Dans la Manche, la Cuma d’Ouville a fait le choix d’investir dans une remorque autochargeuse d’occasion. Cette démarche permet…

<em class="placeholder">Florent Meliand, sélectionneur et éleveur de Limousines en système naisseur à Saint-Ulphace (Sarthe)</em>
Sélection génétique : « J’utilise jusqu’à 40 taureaux d’IA dans mon plan d’accouplement »

Florent Méliand, situé dans le pays du Perche sarthois, mène un troupeau de deux cents mères limousines. Il s’appuie sur l’…

autochargeuse recolte herbe
« Nous avons investi dans une remorque autochargeuse pour mieux valoriser les prairies »

Depuis qu’ils ont investi dans une remorque autochargeuse, Jean-Noël Voiseux et son fils Antoine, situés à Fleury dans le Pas-…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande