Un prêt pour les installations hors cadre DJA

Chaque année, une part plus ou moins importante des installations en agriculture concerne des exploitants qui ne sont pas éligibles à la DJA, soit parce qu'ils ont atteint la limite d'âge, soit parce qu'ils n'ont pas les bons diplômes. En 2010, le réseau Initiative Périgord a décidé d'étendre aux agriculteurs ses prêts accordés aux artisans et commerçants, avec l'appui de la Chambre d'Agriculture de la Dordogne. « Les agriculteurs sont des porteurs de projets et des entrepreneurs comme les autres, ils ont toute leur place dans cette démarche » explique Jean-Pierre Raynaud, vice-président du Conseil régional et à l'époque président de la chambre d'agriculture de Dordogne.
Ce prêt d'honneur est un prêt à 0 % pouvant aller jusqu'à 20 000 euros et remboursable jusqu'à 7 ans (en moyenne 16 000 euros). Grâce au succès de l'opération en Dordogne, il a été décidé de l'étendre à toute l'ancienne région Aquitaine en 2015, puis à la Nouvelle-Aquitaine en 2016, avec l'objectif d'accompagner 150 installations par an.
L'inclusion des agriculteurs dans la démarche était d'autant plus évidente que l'agriculture et l'agro-alimentaire sont le premier secteur économique de la région.
Une première régionale
Ce vendredi 18 novembre avait donc lieu le premier comité d'attribution du prêt en dehors de l'ancienne région Aquitaine, à Guéret. Ce comité a étudié les dossiers de 3 exploitants : 2 qui avaient dépassé la limite d'âge pour la DJA et un qui n'avait pas le bon diplôme. En chèvres, en polyculture-élevage ou en céréales bio, chacun a obtenu le prêt de 20 000 euros. Cette somme leur permettra, selon leurs projets, d'alléger leurs dettes, d'acheter du cheptel ou d'avoir un apport de trésorerie. Cet apport n'est pas négligeable, puisque notamment pour l'un d'entre eux, c'est l'équivalent de 20 % du coût de son installation qui rentre dans ses finances.
Un accompagnement bienveillant
MM. Gaumet et Girard, co-présidents d'Initiative Creuse, ont rappelé que ce prêt a pour objectif de faire vivre le territoire. Chaque dossier est soigneusement étudié afin de limiter les risques, le demandeur suit une formation et bénéficie d'un accompagnement, notamment par l'entremise d'un parrain, à qui il peut poser toutes ses questions.
Chacun des nouveaux installés a pu constater la rapidité de la procédure et du traitement de son dossier. Pour l'un d'eux, un mois aura suffi entre le moment où il a été contacté par la Chambre d'agriculture et son passage en comité d'agrément. Les prochains comités auront lieu régulièrement selon le flux de dossiers à étudier.
Si vous souhaitez vous installer et que vous n'avez pas droit aux DJA, vous pouvez prendre contact avec la Chambre d'agriculture ou la plate-forme « Initiative » de votre département.