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Un congrès FNSEA responsable et combatif

Le 79e congrès de la FNSEA s’est tenu à Grenoble du 25 au 27 mars. L'ouverture le mardi 25 mars par un huis clos riche en échanges, a été l’occasion pour le réseau de revenir sur les grands temps forts de l’année 2024 et de tracer des perspectives pour l’avenir.

Dès la première journée, lors du huis clos, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine et la FDSEA de la Creuse ont porté haut leurs revendications, mettant en avant les défis spécifiques à leurs territoires.

La FNSEA Nouvelle-Aquitaine porte ses sujets d’inquiétude

Au premier jour du congrès de la FNSEA, la parole était donnée aux régions. Denis Mousseau, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine a choisi d’aborder trois thèmes particulièrement prégnants : l’eau, la viticulture et les zones Intermédiaires.

Concernant l’eau, il a rappelé la nécessité d’avoir des exploitations agricoles productives et rentables. Pour atteindre cet objectif, la disponibilité en eau est primordiale et il faut pouvoir stocker et prélever dans le milieu lorsqu’elle est en excédent. « Nous souhaitons que la FNSEA agisse pour développer l'irrigation, renforcer la présence des agriculteurs dans les lieux de décision prioritairement dans les agences de l'eau, simplifier les procédures d'autorisation et limiter la possibilité de recours lorsque les autorisations sont prononcées », a-t-il souligné. Denis Mousseau a également réaffirmé le refus de la FNSEA de voir s’appliquer le PAR 7 et demande à la FNSEA d’obtenir sa suspension pour ouvrir les négociations d’un PAN 8/PAR 8, sans contraintes supplémentaires pour les agriculteurs.

Le président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine a rappelé l’ampleur de la crise viticole, particulièrement dans le Bordelais, soulignant son impact social, le secteur étant le 1er employeur de la région. À la baisse de la consommation en France et à la chute des prix viennent aujourd’hui s’ajouter d’autres soucis : difficultés à exporter dans un contexte géopolitique tendu avec les menaces américaines de taxes à 200 %, retrait de 75 molécules sur le traitement du mildiou, de la flavescence dorée et de multiples bioagresseurs de la vigne, perte sur les récoltes suite aux aléas climatiques. La FNSEA NA demande l’aide de la FNSEA pour la mise en place d'un fonds d'urgence pour perte de récolte 2024, d’un nouveau plan d’arrachage notamment dans le Bordelais si les USA mettaient leurs menaces en place ainsi que le repositionnement de l’arrachage primé dans la PAC pour éviter l’apparition de friches nuisibles (impacts sanitaires).

Dernier sujet abordé : les zones intermédiaires. « Ces territoires à faible potentiel occupent une grande partie de la Nouvelle-Aquitaine, a expliqué Denis Mousseau. Ils subissent des pertes de production dues au dérèglement climatique accentué, une érosion des rendements en lien avec le retrait de moyens de protection des plantes. Une disparition de l’élevage de plaine dans ces zones aurait un impact direct sur les rendements, avec une perte de la matière organique des sols ». Les Zones Intermédiaires cumulent de nombreux handicaps qui accentuent le découragement et la colère des agriculteurs de ces zones. En réponse à cette problématique, la FNSEA NA demande à la FNSEA d’agir en renforçant le travail du groupe ZI, en limitant l’érosion de l’élevage et en créant des conditions favorables à l’installation dans ces zones, en ayant suffisamment de vaccins pris en charge par l’État pour protéger les troupeaux.

L’État doit aussi prendre charge la vaccination contre l’Influenza aviaire à hauteur de 70 % (et non 40 % comme proposé). La FNSEA NA demande également l’application des EGALim, la création de synergies entre productions animales et végétales, le maintien de la pression sur l’État et des instances sanitaires avec « pas d’interdiction sans solution » et la conservation des outils de production afin de sécuriser les rendements et s’adapter au dérèglement climatique.

La Creuse défend ses priorités

Au moment des interventions libres du réseau, Thierry Jamot, vice-président de la FDSEA de la Creuse, a pris la parole afin de remonter les problématiques spécifiques du département. Son intervention a permis de rappeler les réalités du terrain et de défendre avec force les intérêts des agricultrices et agriculteurs creusois face aux enjeux nationaux.

Le premier point qu'il a soulevé concernait la diminution inquiétante du cheptel. La campagne de prophylaxie 2023-2024 a révélé une situation alarmante. Le département compte une perte de 20 000 bovins dont près de 6 000 vaches mères. Ce recul significatif impacte directement les éleveurs mais aussi l’ensemble de la filière bovine.

En parallèle, les problèmes sanitaires se multiplient, avec une explosion des cas de vaches vides. « Dans les cheptels ayant effectués un diagnostic, là où il y avait 6 vaches vides, on en compte aujourd'hui environ une vingtaine. Cette situation est dramatique. Cette diminution du nombre de veaux aura des répercussions majeures sur la production et la commercialisation des animaux ainsi que sur les trésoreries des exploitations » souligne Thierry Jamot.

Autre difficulté majeure : la vaccination du cheptel de souche n’a pas pu être menée à bien en raison des pénuries de vaccins. Cette carence compromet la protection sanitaire des troupeaux et risque d’aggraver encore la crise.

Par ailleurs, Thierry Jamot demande qu'une attention particulière soit portée au FMSE sur l’évolution des taux de mortalité dans les élevages. Le responsable agricole insiste sur la nécessité d’une surveillance accrue et de mesures adaptées pour éviter une détérioration supplémentaire de la situation.

Face à ces défis, Thierry Jamot appelle à des actions concrètes : un soutien renforcé pour les éleveurs, la mise à disposition d’un « vaccin universel gratuit » pour prévenir les crises sanitaires, ainsi qu’un plan ambitieux pour redynamiser la filière et garantir son avenir.

Les interventions ont également mis en évidence les nombreux combats qu’il reste à mener. Si certaines annonces de la ministre Annie Genevard vont dans le bon sens, notamment la reconnaissance des pertes indirectes liées à la FCO, d'autres tardent et suscitent encore des inquiétudes, à commencer par la PPL entraves.

À l’issue de ce congrès, la FNSEA Nouvelle-Aquitaine et la FDSEA de la Creuse réaffirment leur engagement en faveur d’une agriculture durable et compétitive. La mobilisation se poursuit pour obtenir des solutions concrètes pour construire l’agriculture de demain.

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