Session Chambre d'agriculture - Besoin d'être soutenus, dans les tourments
La dernière session a permis de rappeler au préfet et aux services de l'État l'ensemble des préoccupations partagées par le monde agricole, durement touché par les crises.

D ès les budgets de fonctionnement et d'investissement de l'organisme consulaire votés (voir ci-dessous), place à l'actualité agricole avec, en introduction, le contexte. Celui que dresse Patrick Chazal, responsable du pôle économique de la Chambre d'agriculture, est franchement en demi-teinte.
"Un été meurtrier" (sécheresse) ; "l'échec de la Cop 27" (rien de neuf sous le soleil) ; une "quasi récession économique" de la plupart des pays, inquiétante quand on sait la croissance essentiellement tirée par la consommation. Et si les cours agricoles sont corrects (en lien avec une décapitalisation), ils ne couvrent pas les coûts de production qui ont explosé et, pour certains, continuent d'augmenter (intrants, énergie, etc.). Présents lors de cette réunion, le préfet, les services de la DDT et de la DDfip ont entendu le besoin de soutien formulé par la
profession agricole.
Sécheresse, énergie, loup...
D'abord, une reconnaissance de l'ensemble du département impacté par la sécheresse, la Châtaigneraie cantalienne s'avérant "la grande oubliée" du premier passage ; la prise en compte par l'État de l'expertise de terrain réalisée par ses propres services (et non uniquement des éléments cartographiques) ; un versement rapide du premier acompte ; une revalorisation de la valeur de l'unité fourragère. La plupart de ces éléments sont contenus dans une première motion, adoptée à l'unanimité(1). Ensuite, les élus de la Chambre d'agriculture ont alerté les pouvoirs publics sur le niveau d'inquiétude très élevé des responsables d'entreprises agricoles et agro-alimentaires "face à la hausse des charges et au risque d'arrêt de production voire de cessation d'activité". Aussi, à travers cette seconde motion, présentée par la FDSEA - et également votée à l'unanimité - les élus demandent-ils la mise en place d'un bouclier tarifaire généralisé pour l'agriculture et l'agro-
alimentaire, insistant sur une "indispensable éligibilité de toutes les structures aux différentes dispositions, sans critère lié au nombre de salariés ou statut juridique".
Parmi les autres préoccupations abordées : le loup et les estives. Sur le premier point, il est réclamé des tirs de prélèvement, le système actuel qui oblige à effaroucher avant de tirer l'animal n'ayant aucun effet sur la prédation, à l'heure où une meute avec portée a été signalée en Lozère. Le préfet porte une oreille attentive, tout en rappelant que la France subit une protection internationale de l'animal sauvage et que la lutte est graduelle, en fonction du nombre d'individus.
Patrick Escure a tenu, quant à lui, à alerter sur les dispositions de la Pac relatives aux estives collectives (il y en a 40 dans le Cantal). Le principe - qui pourtant fonctionne très bien - de redistribution des aides à l'éleveur des hectares ramenés au prorata du temps passé et du nombre d'animaux est remis en cause. Le président de la Chambre d'agriculture craint de vraies distorsions avec les estives privées.
(1) Il était souligné que si Bruno Dufayet et Patrick Bénézit n'ont pu assister au début de cette session, c'est parce qu'au même moment ils étaient en réunion distancielle avec le ministère de l'Agriculture et les assureurs sur "l'assurance prairie" , puisqu'un nouveau système sera instauré au 1er janvier prochain pour remplacer le "fonds de calamité".