FDSEA
Pour la FDSEA, la PAC doit être avant tout une politique économique
Après la session de la Chambre d'Agriculture, la FDSEA et les JA martelent leurs positions sur le bilan de santé de la PAC auprès des élus.
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
Au lendemain de la session extraordinaire de la Chambre d'Agriculture, la FDSEA, les JA et la Chambre d'Agriculture ont rencontré les élus creusois afin de faire valoir leurs positions sur le bilan de santé de la PAC. Certes pour tous les élus, mais surout auprès de, (en raison de leur implication au sein des différents groupes de réflexion) Jean Auclair au niveau national et Olivier Bertrand, au niveau européen à Bruxelles. Pour le président Philippe Monteil « Cette révision doit être l'occasion de remettre à plat, une PAC qui doit s'adapter aux évolutions de notre agriculture mais il ne faudrait pas qu'en voulant se lancer dans le découplage total des aides, la commission entame un processus malsain de remise en cause des soutiens à l'agriculture ».
Si pour Olivier Bertrand, « La réflexion engagée par la commission tend davantage à libéraliser les marchés agricoles », la FDSEA part du principe que « la politique agricole doit être avant tout une politique économique et les tentations visant à réduire ce caractère économique au profit d'une politique de développement rural ne sont pas acceptables.
Pour cela, le soutien à l'herbe représente un enjeu majeur dans nos régions d'élevage et la sortir de son contexte environnemental pour la transférer sur le 1er pilier dans le cadre d'une aide spécifique de 300 Euros/hectare serait l'une des solutions que nous préconisons pour préserver notre production sur nos territoires », déclarait le président Philippe Monteil. Les perspectives financières de la PAC sont à priori garanties jusqu'en 2013 mais de nombreuses questions restent en suspend et notamment sur le recouplage des aides. Si certains prônent le découplage des aides, comme le député Jean Auclair, la FDSEA et les JA préconisent à l'inverse le recouplage total des aides animales telles que la PMTVA ou la PCB.
Un découplage des aides dissociant les aides de l'acte de production engendrerait non seulement une baisse de la production mais aussi une perte de l'activité économique dans de nombreuses zones d'élevages. Les organisations représentatives creusoises estiment à juste titre que cette disposition est essentielle pour la pérennité de la production et la dynamique des filières ainsi que pour la préservation d’un équilibre de l'activité économique sur les territoires. Quant aux DPU, si la commission européenne envisage une uniformisation en lissant les DPU sous forme d'une aide à l'hectare, tout le monde s'accorde à dire que la suppression des références historiques est nécessaire. Alors que les JA suggèrent davantage une forme de modulation selon les producteurs, la FDSEA serait pour sa part, favorable à assouplir les règles de gestion afin de les optimiser au maximum. Dénonçant les règles qui régissent actuellement la conditionnalité des aides, les organisations syndicales proposent de simplifier ce régime, mais aussi de prendre en compte les usages locaux.
Si de nouvelles propositions apparaissent comme la certification des exploitations, des pistes restent à être explorées pour modifier ce système. Au sujet des propositions de la commission visant à augmenter le taux de la modulation pour alimenter le 2ème pilier, la FDSEA considère que le bénéfice de ce prélèvement doit être destiné et redistribué au secteur agricole. Ce bilan de santé de la PAC doit être aussi pour la FDSEA, l'occasion de réaffirmer le rôle majeur que jouent les outils de gestion des marchés et que par conséquent, la suppression des quotas laitiers par exemple n'est donc pas envisageable sans un plan d'accompagnement.