Marie Andrieu : la première femme à avoir remporté le mythique rallye des Cimes
La jeune Murataise Marion Andrieu est vice-championne de France des rallyes tout terrain 2015. Une passion qu’elle tient notamment de son père.

Elle n’avait fait que “quelques rallyes” quand, en 2015, elle s’attaque à une première saison complète. Sur dix épreuves, aux côtés de sa co-pilote, Coralie Desclaux, Marion Andrieu en gagne cinq dont le mythique rallye des Cimes. C’est la première et la seule fille à l’avoir remporté depuis sa création, il y a 59 ans… Aussi, ses yeux s’allument-ils à cette évocation. Ce rallye, “c’est la moitié d’abandons. C’est vraiment très dur. L’an dernier, j’ai moi-même dû abandonner près de la ligne d’arrivée alors que j’étais première… Ce rallye, c’est un rêve d’enfant, hyper difficile, qui demande stratégie et régularité, de connaître sa voiture par cœur et quand, la nuit, entre les arbres, on roule à 140 km/h, la peur, il faut l’oublier. Autrement, on ne peut pas continuer”.
Une passion familiale
À 25 ans, cette responsable de la communication et marketing de “Trans Services” (l’entreprise familiale à Murat), fan de ski mais aussi de cuisine… est une sportive accomplie. En novembre, elle est devenue vice-cham-pionne de France des rallyes tout terrain. Une discipline qui est au 4x4 ce qu’est l’enduro aux deux roues. “Je cours depuis 2010 mais, déjà, en 2009, j’étais copilote de mon père.” La jeune femme a en effet de qui tenir. Philippe Andrieu, un mordu de course auto, a raflé quelques titres de champion de France dans la discipline et “cette passion me vient de lui”. Un engagement qui demande certains moyens, mais aussi du temps : “Tous les week-ends, il faut s’atteler à la mécanique, mais là, il y a heureusement mon père…”
Le mental et un bon pilote
Le championnat de France se dispute en dix courses : “Un engagement de chaque mois, avec des reconnaissances de deux à trois jours. Idem pour chaque rallye, ponctué de 12 à 14 spéciales…” Marion court sur une Isuzu D Max, de 317 CV, un trois litres diesel, une “ancienne” du Dakar complètement reconditionnée. Le châssis est renforcé, la caisse en carbone et polyester, la transmission modifiée… “C’est une voiture de course que l’on pousse au bout de ses ultimes limites.” C’est aussi le seul Isuzu engagé dans cette compétition et c’est pour l’entreprise familiale, concessionnaire de la marque, une fierté d’y avoir associé une victoire. Pour ça, “le mental, c’est une chose, mais il faut un bon pilote, de la régularité et aussi un vrai engagement”. Pourtant, cette place de vice-championne, la jeune pilote la vit avec un peu d’amertume car, bien que mieux placée en nombre de points que le champion en titre, elle a dû se contenter au final, d’une deuxième place. En résumé, la régularité primait jusqu’à présent devant le caractère sportif. Sur ce sujet, la Fédération française de sport automobile a d’ailleurs décidé de revoir son règlement l’an prochain. Il faudra donc à nouveau compter sur Marion Andrieu pour faire parler la mécanique aux cham-pionnats de France des rallyes tout terrain, de même qu’au rallye des Cimes où “j’irai défendre mon titre” !
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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