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Les Labels décrochent, le bio s’envole

La récente assemblée générale de Sicaba confirme trois tendances lourdes en matière de consommation carnée : une baisse de la consommation classique ; un attrait pour les produits transformés et une montée en puissance du bio. Le point avec Luc Mary, directeur de Sicaba.

Aujourd’hui, la tendance va sur les plats préparés. Le steak haché est le produit numéro 1.
Aujourd’hui, la tendance va sur les plats préparés. Le steak haché est le produit numéro 1.
© AA

L’Allier Agricole : Sicaba et ses sections spécialisées tenaient tout récemment leurs assemblées générales à Bourbon-l’Archambault. Que retenir de l’activité de l’année écoulée ?
Luc Mary : Lorsqu’on fait l’état des lieux de cette année écoulée, ce qui est certain c’est que l’on sort d’une année compliquée. Nos distributeurs habituels ont souffert de la déconsommation de la viande et ce malgré notre travail mené sur les signes de qualité. Quand on sert 250 boucheries traditionnelles qui affichent toutes au moins 10 %, la baisse de la consommation est probante. D’ailleurs, pour la première fois de notre existence, la boucherie artisanale n’est plus notre première clientèle. C’est aujourd’hui la restauration commerciale et collective que nous servons le plus. Cette nouvelle réalité traduit bien un changement d’habitudes de la part des consommateurs.

Quelles sont les tendances lourdes en matière de consommation de viande, selon vous ?
La tendance va vers toujours plus de viande préparée et élaborée. Ce qui nécessite davantage de moyens à mettre en œuvre. Et de plus en plus, le steak haché s’est imposé comme le produit carné numéro 1.

Les Labels que vous défendez et dont vous assurez la promotion depuis toujours souffrent-ils autant ?
Le contexte est difficile en Label rouge, oui. Nous nous satisfaisons de n’avoir jamais autant abattu d’agneaux en Label puisque nous avons battu notre record cette année avec 34 000 abattages, preuve que notre choix d’investir sur l’agneau était le bon. Pour ce qui est du reste, la période n’est pas simple même pour les Labels.

En bio, par contre, tous les feux sont au vert ?
C’est le moins que l’on puisse dire. La demande explose en bio et nous n’avons pas l’offre en face. Cela fait plusieurs années que nous cherchons de nouveaux producteurs mais c’est un travail lent qui prend le temps des conversions. De plus, c’est une tendance nationale ce qui veut dire que nous ne sommes pas les seuls à chercher des éleveurs. C’est une tendance positive pour la filière mais cela prend du temps de répondre à la demande.

D’où la création de Copébio ?
Les chaînes de magasin bio avec qui nous travaillons aiment bien des filières structurées qui engagent les producteurs, les distributeurs et les consommateurs. Copébio est une répponse à tout cela. La réponse d’un groupe d’éleveurs (22 fondateurs), présidés par Hélène Richard qui ont la volonté de maîtriser la production de A à Z. Cela passe par la planification de la production, son organisation et l’évolution du cahier des charges. Copébio a l’ambition de proposer une gamme complète du bœuf à l’agneau en passant sur le veau bio sur lequel il y a une forte demande. Copébio est bien une structure indépendante qui travaille en partenariat avec Sicaba. L’idée est d’atteindre très vite les 1 000 bovins.

Comment voyez-vous l’évolution du marché du bio ?
Je pense que le bio va se segmenter pour répondre à une demande grandissante. Il y aura du bio bon marché et du plus haut de gamme. Copébio veut proposer aux consommateurs des produits bio supérieurs aux cahiers des charges existants.

Quid des interrogations liées à l’élevage et au bien-être animal ?
Quand nous avons eu à affronter des crises, il s’agissait jusqu’à présent de crises sanitaires. Aujourd’hui, nous avons à faire à une crise sociétale.

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