En plein débat sur la réforme des retraites
Les anciens exploitants font entendre leur voix
En plein débat sur la réforme des retraites
S´ils se félicitent de la mise en place de la retraite complémentaire obligatoire, dont le premier versement vient d´intervenir, les anciens exploitants dénoncent les imperfections du dispositif. Et, en plein débat sur la réforme des retraites, continuent de réclamer une revalorisation des pensions.

"La retraite complémentaire est un pas supplémentaire vers plus d´équité dans la société française", a relevé le président Albert Monier devant l´assemblée générale de la section des anciens exploitants de la FDSEA, réunie vendredi à Jussac. Pour autant, les conditions de mise en oeuvre, qui excluent nombre de retraités et créent selon eux des injustices, ne les satisfont pas. En plein débat sur la réforme des retraites, les anciens exploitants ont d´autre part plaidé pour une revalorisation des pensions versées aux retraités agricoles."La RCO pour tous, sans exception !""Les conditions restrictives, pour certains justifiées, pour d´autres contestables ou difficiles à comprendre, limitent l´impact du régime de retraite complémentaire obligatoire (RCO). Celui-ci n´en demeure pas moins un progrès important et une victoire significative, incontestablement gagnée par notre syndicalisme", a ainsi estimé le président Monier."On a bradé la loi !", répondait en écho André Delpoux, vice-président de la section nationale des anciens exploitants de la FNSEA, invité de l´assemblée, en accusant les "hauts fonctionnaires" d´avoir dévoyé la loi instituant la RCO - pourtant votée à l´unanimité - au travers des décrets d´application finalement signés en février. "Le dispositif laisse au bord de la route le plus gros du bataillon des paysans, créé de graves disparités de traitement en divisant les anciens paysans, et sa complexité le rend incompréhensible pour les assurés", relevait M. Delpoux. "Nous avons mis le pied à l´étrier, à nous de faire avancer la monture et d´obtenir la RCO pour tous sans exception dès la loi de finances pour 2004", lançait-il avec conviction, sous les applaudissements.Revaloriser les retraitesAu-delà de cette question, Albert Monier a souligné que les anciens exploitants devaient profiter du grand débat en cours sur la réforme des retraites pour se faire entendre. "L´harmonisation des retraites doit se faire dans la clarté. Toutes les catégories socio-professionnelles doivent être traitées de la même manière, dans le respect du principe d´égalité et de dignité des personnes et d´équité pour tous, pour que l´injustice que subissent beaucoup d´entre nous soit réparée grâce à une large revalorisation des retraites agricoles", a-t-il dit."La réforme est indispensable et ne peut être différée", estimait-il, relevant que le gouvernement devrait tenir compte de la situation particulière de l´agriculture, "qui, contrairement aux autres régimes, a déjà subi son choc démographique, puisqu´on compte trois actifs agricoles pour deux retraités, contre dix pour quatre salariés dans les autres régimes". Il a enfin expliqué que les représentants des anciens exploitants veilleraient à ce que l´allongement éventuel de la durée des cotisations ne nuise pas au montant des retraites ni à la politique d´installation des jeunes agriculteurs.Vers la mensualisation des pensionsCombat pour lequel ils peuvent compter sur la force de persuasion de leur vice-président national, qui a longuement dénoncé l´injustice faite aux anciens paysans, en rappelant qu´ils touchent en moyenne les pensions les plus basses de France.Dans leurs interventions, les deux présidents ont aussi rappelé les revendications qu´ils continuent de porter : suppression des minorations au moins pour ceux dont le cumul des pensions est inférieur au minimum vieillesse, la forfaitisation de la bonification pour enfants, le maintien et l´élargissement des conditions d´accès au fonds de solidarité vieillesse, la suppression de la CSG sur les petites retraites, l´opposition à un éventuel recours sur succession de l´APA (Allocation personnalisée d´autonomie)...Ils ont enfin confirmé que le gouvernement envisageait de mensualiser le versement des pensions des retraites agricoles (aujourd´hui trimestriel). "La FNSEA demande que cette avancée s´applique dès le versement des pensions de l´année 2004", précisaient-ils, tandis que Jean Gazal expliquait que la mise en place de cette mesure représenterait un coût de 1,3 milliard d´euros pour la caisse nationale de MSA.Pour plus d´informations, consultez L´Union agricole et rurale du 21 mai 2003.