Le réseau Dephy de l’Allier explore de nouvelles pistes
Le réseau Dephy de l’Allier fonctionne sur le département depuis février 2011.

Ce groupe est en constante réflexion pour la mise en place d’actions, mais celles-ci restent encore trop peu connues. Et pourtant de nombreuses actions ont été mises en place… !
Constitué de quinze exploitations dont trois en agriculture biologique, ce groupe essaye de garder le cap de la réduction des produits phytosanitaires.
Les graphiques ci-dessous vous montrent que tous à leur échelle tentent d’activer des leviers pour réduire l’utilisation des phytos.
Il montre, aussi l’évolution des IFT (hors traitement de semence) des membres du groupe. Lors de la création en 2011, il était constitué de huit exploitations. En 2016, sept de ces huit exploitations ont pris la décision de renouveler leur engagement dans Ecophyto et nous avons également agrandit le réseau avec 8 exploitations supplémentaires, ce qui monte à quinze le nombre de fermes de l’Allier engagées dans un réseau Dephy Ecophyto.
On constate une nette baisse chez tous. Ils ne vont pas tous utiliser les mêmes leviers : certains vont vraiment rallonger la rotation via la mise en place d’un réseau d’irrigation qui leur permet de sécuriser des cultures de printemps, d’autres vont plutôt s’orienter sur le désherbage mécanique, d’autres encore vont décaler leur date de semis ou avoir recours à des mélanges de variétés… Bref, tous les moyens sont bons pour tenter, à leur manière, de gérer le salissement de leurs parcelles, éviter une attaque de ravageurs ou bien réduire la pression des maladies.
Fertiliser les céréales à paille, gérer l’irrigation du maïs, choisir des couverts d’interculture adaptés aux attentes sont autant de sujets sur lesquels les agriculteurs du réseau se perfectionnent depuis longtemps.
Depuis l’an dernier, les agriculteurs du réseau ont choisi d’aller plus loin dans leur réflexion afin de se remettre en question de façon différente en participant à une formation : « J’identifie les freins aux changements auxquels je suis confronté » En effet, tous les agriculteurs sont soumis tout au long de leur carrière à des changements et des questionnements : Dois-je changer mon pulvérisateur ? Dois-je me lancer dans le semis direct ? Comment faire pour me dégager du temps libre ?
Dans le cadre du réseau Dephy, le gros changement se situe aux niveaux des pratiques et de la conduite des cultures. En effet, les membres du réseau travaillent depuis longtemps sur la réduction des charges… Mais faire de l’agriculture dite « intégrée » c’est plus que ça… C’est se poser la question de « pour moi, quelle est l’importance accordée aux produits phytosanitaires ? » ; « Quelle place suis-je prêt à leur donner au sein de mon exploitation, au sein de ma vie ou de ma famille… »
Avant cette formation tous étaient conscients que le 1er frein aux changements était l’aspect économique. En effet, tous les agriculteurs souhaitent vivre de leur métier évidemment et la prise de risque financière qu’engendre ce type de changement en effraie plus d’un… En effet, faire de l’agriculture « intégrée » c’est avant tout accepter que l’on ne maîtrise pas tout, c’est avant tout se dire qu’il est possible que certaines impasses impactent légèrement le rendement au profit d’une importante baisse des charges. Mais faire de l’agriculture intégrée ce n’est pas se résigner à réduire le potentiel ou la qualité de nos productions, bien au contraire. C’est essayer de se remettre en question pour produire autant sinon plus avec moins d’intrants.
C’est pourquoi les membres du réseau Dephy, conscients que la base d’une production abondante et de qualité c’est la bonne santé du sol, s’orientent soit vers du semis direct, soit vers l’implantation de couvert d’interculture mais TOUS ont décidé de remettre en question leur rotation de base puisque c’est bien en combinant les différents leviers agronomiques, génétiques et numériques que la dépendance aux produits phytosanitaires et aux intrants de façon générale, pourra être réduite.
La récente formation au changement leur a permis de constater que tous n’en étaient pas au même point quant à la réduction des intrants. Tous n’ont pas les mêmes motivations : certains pensent avant tout à la réduction des charges et une amélioration de leur trésorerie, d’autres pensent à leurs enfants, leur famille, entourage proche qu’ils peuvent être amenés à mettre en contact involontairement avec ces produits, d’autres pensent plutôt contraintes réglementaires et réduction d’usage : quand les phytos deviennent trop compliqués à utiliser !!!
La suite de cette formation offre plein de perspectives : comment accompagner ceux qui sont le plus motivés à réduire leurs intrants et, pour certains, envisager une conversion en Agriculture Biologique, même en Grandes cultures !! Aider les plus réticents à mettre en place certains leviers plus sécurisants dans le seul but d’améliorer les charges et de prévenir le retrait d’éventuelles substances actives…
Voilà pourquoi le réseau Dephy de l’Allier ouvre régulièrement ses portes et vous attend nombreux lors de prochains rendez-vous, pour discuter de tout cela avec vous.
Le 4 février 2019, le réseau Dephy a également souhaité rencontrer Antoine Lambert, membre de l’association Phyto-Victimes. Cette association a pour but d’aider et d’accompagner les gens victimes des produits phytosanitaires dans leurs démarches de reconnaissance de maladies professionnelles notamment. Mais la venue d’Antoine Lambert a surtout permis aux agriculteurs de discuter de cette question récurrente des phytos et de leur impact sur la santé… Et force est de constater que certaines maladies telles que le cancer de la prostate ou le développement de lymphome est souvent en lien avec l’utilisation des produits phytos… L’objectif de cette rencontre a été atteint, la dangerosité de ces produits sur la santé est très difficile à appréhender c’est pourquoi il est très important d’en être conscient et de se protéger avec des équipements de protection individuel adaptés lorsqu’on les utilise.
Lors de cette rencontre le réseau Dephy a également convié le groupe Vision Sol, groupe 30 000 récemment créé sur le département. Les échanges ont été enrichissants et promettent encore de nombreuses remises en question que ces deux groupes ont hâte de partager avec vous…