« Il faut participer pour faire voir que ça bouge »
Au Gaec de Chibassade, un seul atelier ne suffisait pas. Les trois associés ont donc monté deux autres ateliers : en plus des Aubrac, un de poules plein air en association avec la maison Delcros, et un laitier en Simmental. Sicile participera, pour la première fois, aux Miss laitières du 12 avril.
Au Gaec de Chibassade, un seul atelier ne suffisait pas. Les trois associés ont donc monté deux autres ateliers : en plus des Aubrac, un de poules plein air en association avec la maison Delcros, et un laitier en Simmental. Sicile participera, pour la première fois, aux Miss laitières du 12 avril.

Chaque associé de ce Gaec familial a donc son atelier attitré. Entre Isabelle Vieilledent, la maman, Jérémy et William, les deux frères, et le papa qui aide sur tous les ateliers, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer au lieu-dit Charmals (Peyre-en-Aubrac).
Au commencement de cette ferme dont c’est la troisième génération qui tient les rênes aujourd’hui, les Aubrac se sont épanouies. Un troupeau qui est monté jusqu’à une centaine de têtes, avant 2020. « En 2010, quand Jérémy s’est installé, on est passé de 40 à 70 Aubrac. Et en 2016, à mon installation, on est passé à près d’une centaine d’Aubrac, et l’introduction d’une quinzaine de laitières », raconte William Vieilledent.
En 2021, alors que le Covid 19 est une épidémie mondiale et les cours de la viande ne cessent de dégringoler, les trois associés décident d’ouvrir un atelier de 2 500 poules pondeuses pour la maison Delcros, et de baisser le nombre d’allaitantes. « On était sûrs qu’une autre agriculture que produire des broutards était possible dans un contexte compliqué ». En 2021 aussi, les associés déposent une demande auprès de Jeune Montagne pour produire du lait pour la coopérative. À leur surprise, la demande est acceptée, et tout s’enchaîne. « On s’était promis de faire notre première livraison de lait en avril 2024, et on a tenu notre pari », se satisfait William Vieilledent.
Un premier concours pour l’éleveur et pour Sicile la Simmental
Les troupeaux sont aujourd’hui menés en parallèle : pas question d’abandonner l’un au profit de l’autre. « On a baissé les allaitantes à une cinquantaine, et après nos premiers achats de génisses en 2022, on est désormais à une quarantaine de laitières ». Ce qui était l’objectif dès le départ.
Les contraintes laitières ? La question fait sourire l’éleveur : « avec une bonne organisation, on y arrive. Et sur le Gaec, on est toujours en recherche de défis techniques », donc le lait était une étape logique. Remerciant l’accompagnement qu’ils ont reçu et continuent de recevoir de la part du syndicat Simmental, de leur contrôleur laitier et inséminateur ainsi que de Jeune Montagne, les trois associés ont déjà dépassé leurs quotas laitiers : avec un projet initial à 200 000 litres de lait, ils livrent désormais 240 000 litres.
« Si on a ciblé Jeune montagne, c’est d’abord pour l’image qu’ils renvoient, et leurs produits finis de qualité. On voulait s’assurer que ce que l’on produit aille jusqu’au bout, et avec la maison Delcros et Jeune montagne, on le voit ». Un pari réussi, donc, pour les trois associés qui avouent, sourire en coin, qu’ils ne connaissaient rien aux gestes techniques des laitières avant de se lancer en Simmental. « C’est vraiment une super race pour ses performances laitières et ses qualités d’élevage », note William Vieilledent. Avec un cheptel encore jeune, le travail sur la génétique du troupeau bat son plein. « On essaie d’élever de futures bonnes vaches. On travaille sur l’harmonisation de notre troupeau, et nos critères reposent sur la résilience d’animaux qui valorisent bien l’herbe et le foin et sont de bonnes marcheuses ».
Pour un premier concours autant pour l’éleveur que pour ses Simmental, le 12 avril est attendu avec une certaine impatience. C’est Sicile, une primipare se rapprochant « le plus possible des critères de sélection de la race » qui portera haut les couleurs du troupeau du Gaec. « On n’y va pas pour gagner, loin de là. Plutôt pour passer une bonne journée entre collègues, et montrer à tous que la race est dynamique, et qu’il y a de la place pour ceux qui veulent se lancer ! ».