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Chiendent rampant : une adventice vivace particulièrement coriace

Graminée vivace, le chiendent rampant est très concurrentiel des cultures. Les mesures agronomiques constituent les moyens de lutte les plus efficaces.

Le chiendent rampant est une plante herbacée vivace de la famille  des graminées. Sa capacité à développer ses rhizomes (tiges souterraines) en profondeur en fait un ennemi des cultures particulièrement coriace à combattre. L'agronomie reste encore le plus efficace.

Comment bien reconnaître le chiendent rampant parmi les graminées

Parmi les graminées adventices, le chiendent rampant (Elytrigia repens) se reconnaît au stade plantule par la présence de petites oreillettes à l’insertion du limbe sur la tige (gaine). La ligule membraneuse est très courte et difficile à voir. La jeune pousse montre une teinte verte à vert bleuté et des premières feuilles très étroites et longues. Les gaines sont rouge violacé, souvent pubescentes.

La présence de rhizomes caractérise le plus le chiendent rampant en tant que graminée vivace. Ces rhizomes sont traçants, nombreux, enchevêtrés. On peut les retrouver jusqu’à 20 cm de profondeur. Les bourgeons rhizomateux s’éveillent en mars pour produire un début de tige semblable à une dent de chien puis développer des pousses verticales. Adulte, la plante montre de nombreuses tiges dressées ou un peu genouillées, raides et glabres pouvant dépasser 1 mètre de hauteur. Longues et peu larges (5 mm), les feuilles sont vertes ou glauques, à la pointe souvent effilée. L’épi ressemble à celui du ray-grass.

 

Adventice : le chiendent rampant, une vivace particulièrement coriace
 

 

Privilégier les moyens de lutte agronomique

Prophylaxie : Pour ne pas étendre l’infestation, veiller à bien nettoyer les outils entre les parcelles, des morceaux de rhizomes pouvant rester accrochés aux équipements. Empêcher la formation de graines aux abords des parcelles par fauches ou broyages.

Agronomie : La rotation culturale avec alternance de cultures d’hiver, de printemps et d’été est une mesure efficace contre le développement du chiendent rampant. Les déchaumages et faux-semis sont également performants à condition d’intervenir en périodes chaudes et sèches et en utilisant des outils à dents (cultivateur, vibroculteur) extirpant et faisant remonter en surface les rhizomes qui seront desséchés par le soleil. À l’inverse, les outils à disque favorisent la multiplication du chiendent en fractionnant les rhizomes. Un fragment de 5 mm suffit à donner naissance à une plante. Moins efficace, le labour peut contribuer à affaiblir l’activité des chiendents rampants, à condition de régler la charrue pour envoyer les rhizomes en fond de raie.

Chimie : À l’interculture, le glyphosate est efficace en l’employant à la dose de 1 080 g/ha. En culture, il y a très peu d’herbicides performants, voire aucun sur des cultures comme les céréales. L’application d’anti-graminées foliaires apportera satisfaction sur des cultures comme le pois, la pomme de terre, le lin, la féverole en les utilisant à la dose « vivace » lorsque les plantes atteignent 10 à 15 cm.

 

Jeunes pousses issues des rhizomes en "dent de chien"
Les jeunes pousses issues des rhizomes sont en forme de «dent de chien». © Agro-Transfert RT

 

Cinq points clés sur le chiendent rampant

Le chiendent rampant se développe surtout par multiplication végétative avec les rhizomes, rarement par les graines. Une même plante peut produire jusqu’à 150 rhizomes et le réseau de ces tiges peut s’étendre de 1,5 mètre par an du plant d’origine.

Le rendement est affecté jusqu’à plus de 50 % en blé dans les zones très infestées par le chiendent rampant, de 25 à 85 % en maïs, de 19 à 55 % en soja. Les infestations entravent les récoltes et altèrent la qualité des produits récoltés (tubercules et racines).

L’adventice pompe de l’azote en quantité, jusqu’à 55 % de l’élément assimilable par les plantes. Elle absorbe également du phosphore et du potassium jusqu’à respectivement 45 % et 68 % de la part disponible dans le sol.

Ne pas confondre. Autre graminée vivace, l’agrostis stolonifère développe des rhizomes mais la gaine ne présente pas d’oreillettes. À l’épiaison, le ray-grass montre des épis ressemblant à ceux du chiendent rampant. Mais les épillets sont perpendiculaires au rachis chez le ray-grass, parallèles chez le chiendent.

Plus abondante dans le nord, la plante est remplacée par le chiendent des champs (Elytrigia campestris) en zone méditerranéenne. Elle affectionne tout type de sol avec une préférence pour les sols lourds, neutres ou basiques.

 

Pied avec les rhizomes
Les rhizomes (tiges souterraines en clair sur la photo) constituent la principale forme de multiplication chez le chiendent rampant. © Agro-Transfert RT

 

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