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Agrivoltaïsme : quels en sont les bénéfices et les désavantages ?

Un article publié le 30 mars par The Conversation passe en revue les avantages et les inconvénients d’installer des panneaux agrivoltaïques dans les champs.

panneaux photovoltaïques dans un champs
Pour redistribuer la valeur auprès de la profession agricole, la députée Sandrine Le Feur propose un mécanisme consistant à reverser une partie des bénéfices aux organismes à vocation agricole et rurale (Onvar).
© Pascal Le Douarin

Quels avantages et inconvénients d’installer des panneaux solaires dans les champs ? Pour faire la part des choses, trois auteurs ont rédigé un article publié le 30 mars sur le site de The Conversation : Michel-Pierre Faucon, enseignant-chercheur en écologie végétale et agroécologie, directeur à la recherche UniLaSalle Beauvais, Marc Legras, directeur des formations - UniLaSalle et Romain Gloaguen, enseignant-chercheur en agronomie, UniLaSalle.

Ils expliquent notamment que les cultures annuelles héliophiles (céréales en tête) implantées sous installation agrivoltaïque présentent des rendements altérés, mais une croissance favorisée en période de forte chaleur et que face à l’augmentation de la fréquence des aléas climatiques induisant des stress thermiques et hydriques, l’agrivoltaïsme pourrait être positif pour une meilleure résistance ou résilience des cultures.

« Les sols fertiles ne seraient pas les plus appropriés pour l’installation de centrales photovoltaïques »

« La densité et le pourcentage de recouvrement au sol (c’est-à-dire le pourcentage de sol couvert) des panneaux solaires sont à définir en fonction des potentielles pertes de rendement pour des années sans aléas climatiques (sans conditions stressantes pour les plantes ; par exemple, sans grêle ni sécheresse) afin de gérer ce risque » écrivent-ils. Ils avertissent : « Les sols fertiles, avec des potentiels de rendement élevés (comme les sols profonds riches en limon des plateaux et vallées du nord-ouest de l’Europe), ne seraient pas les plus appropriés pour l’installation de centrales photovoltaïques, puisqu’elles pourraient induire une baisse de production de cultures nécessitant un besoin important de lumière ». Les auteurs  expliquent que « L’enjeu est donc à la fois d’identifier les meilleures associations cultures-panneaux photovoltaïques et de définir les systèmes de culture et les territoires (au regard de leurs sols et de leur climat) les plus appropriés pour l’agrivoltaïsme ».

Etudier l’impact environnemental

Pour les zones d’élevage en prairie, les scientifiques constatent que « l’implantation de panneaux solaires surélevés s’avère intéressante, notamment en période estivale. En effet, les installations ne semblent pas impacter la production d’herbe et participent au bien-être des animaux en réduisant le stress thermique (les animaux bénéficiant de zones d’ombrage) ».

Toutefois, les auteurs préconisent de réaliser des études d’impact environnemental pour « assurer un équilibre entre conservation de la biodiversité et extension des centrales agrivoltaïques » et mettent en garde contre l’artificialisation des sols.

« Un levier dans la réduction indirecte des émissions de gaz à effet de serre »

Selon les auteurs, « Comparé aux cultures dédiées à la production de biocarburants (colza, betteraves), l’agrivoltaïsme s’avère plus productif (x 10 en termes d’énergie produite par hectare) et impactant dans la réduction des émissions de GES, les cultures bioénergétiques requérant des apports en fertilisants chimiques de synthèse (100 à 200 unités d’azote par hectare) et plusieurs étapes de transformation ». Ils estiment qu’il constituerait « un levier dans la réduction indirecte des émissions de gaz à effet de serre (GES), en équilibrant la consommation d’énergie fossile, par autoconsommation d’électricité et une réduction des émissions GES par quantité d’énergie produite sur une exploitation ». Ils ajoutent : « L’agrivoltaïsme constituerait en outre une opportunité pour les exploitations, davantage consommatrices d’énergie électrique et émettrices de GES ».

Risque de spéculation et structuration nécessaire

Les scientifiques avertissent : « Le loyer versé par les énergéticiens en contrepartie d’installations solaires peut être dix fois plus élevé que ce que peut rapporter la location des terres à un exploitant (le fermage). Cette attractivité peut inciter une spéculation et engendrer une augmentation de la valeur des terres et/ou de l’exploitation agricole ». Ils expliquent que la réduction de ce risque, récemment encadré par la loi AER, passe par la définition d’un mode organisationnel entre l’investisseur, le propriétaire et l’agriculteur.

Les auteurs, dans leur conclusion, estiment que l’agrivoltaïsme doit se structurer tout en s’assurant du maintien de la vocation première de l’agriculture, c’est-à-dire produire des aliments. Pour ce faire, « elle peut notamment s’appuyer sur le label « Projet agrivoltaïque » créé par l’Afnor, le guide pour l’agrivoltaïsme appliqué à l’élevage des ruminants par l’Idele, et le développement de travaux de recherche réalisés avec une diversité d’acteurs (énergéticiens, conseillers, agriculteurs et habitants) » rappellent-ils.

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