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« Les porcs cherchent la lumière »

Alice Scaillierez est ingénieure agronome de Junia ISA Lille. Elle réalise actuellement une thèse au département Animal production systems de l’Université de Wagenigen, au Pays-Bas, sur l’effet de la lumière sur le comportement et la santé du porc en croissance.

Les chercheurs de l'université de Wageningen aux Pays-Bas s'intéressent à l’effet de l’intensité et du spectre de la lumière sur le bien-être des porcs en ...
Les chercheurs de l'université de Wageningen aux Pays-Bas s'intéressent à l’effet de l’intensité et du spectre de la lumière sur le bien-être des porcs en croissance.
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Comment peut-on caractériser la lumière ?

Alice Scaillierez – La lumière, c’est trois paramètres complémentaires : la photopériode, c’est-à-dire la durée et la période d’éclairement, l’intensité qui mesure le niveau de lumière, forte ou faible, et le spectre de la lumière qui caractérise sa « couleur » depuis l’infrarouge jusqu’à l’ultraviolet en passant par le blanc froid ou chaud.
 
Alice Scaillierez, ingénieure agronome de Junia ISA Lille
Alice Scaillierez, ingénieure agronome de Junia ISA Lille © Alice Scaillierez

Quels sont les effets de la lumière sur le porc ?

A. S. – De manière naturelle, les porcs domestiques sont plutôt actifs le matin et en fin d’après-midi alors qu’il fait jour. Ils cherchent la lumière, comme l’ont montré des essais pour mesurer la motivation des animaux à obtenir de la lumière en leur permettant de déclencher l’allumage eux-mêmes. Elle reste alors allumée plus de la moitié de la journée. La lumière affecte également la physiologie des porcs et leur comportement. La photopériode régule la sécrétion de mélatonine, aussi appelée hormone du sommeil. L’allongement de la durée d’éclairage est associé à une augmentation de l’activité des animaux. Certaines études sur les porcs sevrés ont également montré qu’allonger la photopériode avait permis d’augmenter la consommation d’aliment. Elle impacte aussi la sécrétion d’hormones sexuelles qui jouent un rôle dans le déclenchement de la puberté et les performances reproductives. Enfin, quelques études suggèrent que l’intensité lumineuse pourrait impacter les comportements agressifs. Mais les résultats sont encore contradictoires.

Sur quels paramètres travaillez-vous dans le cadre de votre thèse ?

A. S. – Dans mes travaux de recherche, je m’intéresse en premier lieu à l’effet de l’intensité et du spectre de la lumière sur le bien-être des porcs en croissance et en engraissement. Une étude récente a montré que des couleurs froides, qui tirent sur le bleu, sont liées à une augmentation du comportement alimentaire du porc et de la présence de déjections. On sait également que chez l’humain, l’exposition au soleil ou à des lumières artificielles intenses comme celles utilisées en luminothérapie ont un impact positif sur l’humeur et l’affect. Nous cherchons à mesurer l’impact de l’intensité et du spectre lumineux sur l’activité du porc, au travers des comportements associés avec un état de bien-être positif (comportement de jeu, interactions sociales positives…) et négatif (interactions sociales négatives, comportements de manipulation et comportements anormaux…). Nous avons également voulu tester une intensité lumineuse qui se rapproche autant que possible de la lumière naturelle. Quelques études ont testé différentes photopériodes à des intensités supérieures à 1 000 lux. Elles n’ont pas rapporté d’effet délétère sur la santé ou le comportement des porcs et nos résultats préliminaires vont dans ce sens.

Comment aller plus loin dans la recherche ?

A. S. – La gestion de la lumière en élevage est l’interaction entre l’intensité, le spectre et la photopériode, interactions que nous n’avons pas encore testées dans nos travaux. De futures recherches pourraient explorer l’effet d’un ajout de la lumière naturelle à la lumière artificielle sur le bien-être animal. Cela permettrait de savoir comment concevoir, un apport de lumière favorable au bien-être des porcs en combinant les deux.

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