Nicolas Paillier à Gourge en Deux-Sèvres
« Je vends mes agneaux d’herbe en magasin de producteurs »
Éleveur passionné, novateur et ambitieux, Nicolas Paillier produit des agneaux d’herbe qu’il vend dans un magasin de producteur.

« J’ai eu la chance de partir huit mois en Nouvelle-Zélande après mon BTA et effectuer une expérience professionnelle dans le commerce. En revenant, je n’avais qu’une idée : produire des agneaux d’herbe dans ma région natale et les commercialiser en vente directe.
Je me suis installé en 2001 puis agrandi en 2005 en changeant de siège d’exploitation. Dès le début, nous réfléchissions avec un groupe d’agriculteurs à une commercialisation en commun. Pour moi, c’est vital d’échanger et s’organiser entre producteurs. En 2009, notre projet a abouti avec la création d’un premier magasin de producteurs à Niort. Ça a bien marché et nous avons ouvert un deuxième magasin trois ans plus tard.
C’est à cette époque que j’ai pu reprendre la ferme parentale et embaucher une salariée à mi-temps. Grâce aux 120 hectares de surfaces fourragères au total, j’ai pu augmenter la troupe à 680 brebis.
Le pâturage tournant permet de gérer ma surface en herbe avec précision. J’arrive ainsi à engraisser les agneaux sans complémentation de céréales ou d’aliment. Mais pour sécuriser l’engraissement à l’herbe, j’implante au printemps et à l’été des surfaces en dérobé avec de la chicorée, du sorgho, de l’avoine, des navets ou du trèfle…
Livrant 52 semaines par an au magasin, je dois m’organiser pour avoir de l’agneau disponible toute l’année. Pour cela, je castre mes agneaux mâles mais j’organise des dégustations une fois par mois dans les magasins pour faire disparaître les a priori sur cette viande souvent considérée a tort comme avec un goût marqué.
Je vends 650 agneaux par an via le magasin. Le prix de vente net moyen y est de 8,80 euros par kilo de carcasse. Avec un coût de production estimé à six euros du kilo de carcasse, la rentabilité est au rendez-vous. Par contre, je passe deux jours par semaine en magasin pour la vente et pour assurer la communication et le marketing.
Pour cela, mes brebis rustiques sont bien adaptées car elles peuvent agneler seules. C’est un mélange de brebis dite de « pays » avec de la race charmoise. Cette race me plaît bien car les brebis valorisent bien les surfaces herbagères à faible potentiel et ont de bonnes qualités maternelles."
Des agneaux d’herbe toute l’année
1 600 clients par semaine aux plaisirs fermiers
La SARL « Plaisirs Fermiers » est la concrétisation de l’état d’esprit des neuf associés. L’ouverture le 22 juin 2009 du premier magasin permet aux neuf associés et à 72 autres producteurs de valoriser leurs produits en circuit court. Le succès immédiat du magasin les conforte dans leur choix et leurs idées.
Aujourd’hui, le magasin a une affluence de 1 600 clients par semaine pour un panier moyen de 31 euros. 70 % du chiffre d’affaires est généré par le rayon boucherie-charcuterie. Huit salariés à temps plein sont nécessaires au bon fonctionnement du magasin, ainsi qu’une permanence hebdomadaire de chacun des neuf associés. La non-concurrence des productions entre associés est un atout non négligeable à la réussite de chacun.