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Les éleveurs satisfaits des détecteurs de chaleurs

Même si leur rentabilité n’est pas garantie, les systèmes de détection automatisée des chaleurs apportent une grande satisfaction à la majorité des éleveurs.

Les motifs de satisfaction ne sont pas ceux qui ont motivé l'investissement dans des détecteurs de chaleur.
Les motifs de satisfaction ne sont pas ceux qui ont motivé l'investissement dans des détecteurs de chaleur.
© Franck Mechekour

Parmi les outils connectés dont disposent les éleveurs, les détecteurs de chaleurs arrivent en deuxième place après les DAC », constate Catherine Disenhaus, d’Agrocampus Ouest. Une enquête a été menée (1) pour connaître les motivations et le niveau de satisfaction des éleveurs qui en sont équipés. Elle a été réalisée sur 32 fermes très diverses en Bretagne et dans le Doubs. La principale motivation était d’améliorer la détection des chaleurs et/ou les performances de reproduction, spécialement quand de la semence sexée est utilisée. Certains éleveurs se fient entièrement au détecteur, d’autres vérifient systématiquement sur leur ordinateur et en allant voir la vache, la majorité ayant une attitude intermédiaire.

Moins de stress et beaucoup plus de confort de travail

Pour la plupart des éleveurs, le détecteur a un très fort impact sur le confort de travail, notamment sur la confiance en l’insémination, les relations dans le Gaec, la gestion des absences, la flexibilité de l’emploi du temps et le travail du week-end. « Il y a moins de stress mais par contre peu de ressenti sur le temps de travail, souligne Catherine Disenhaus. De même, la plupart des éleveurs ne savent pas si leur détecteur a un impact sur les performances. » Au final, 29 élevages sur 32 sont toutefois satisfaits ou très satisfaits du détecteur, même s’ils n’ont pas obtenu ce qu’ils attendaient.

Un modèle a été utilisé (2) pour analyser le rapport coût/bénéfice d’un détecteur de chaleurs. Le modèle prenait en compte trois niveaux de détection des chaleurs (20 %, 50 % et 90 %, le niveau moyen en France étant de 50 %), les pratiques d’achat et vente d’animaux, différents niveaux de fertilité et troubles de cyclicité, et la conjoncture économique. Le modèle a montré que sur l’atelier « moyen France », le passage de la sensibilité de détection de 20 % à 50 % entraîne une baisse de 49 jours de l’IVV et de 46 jours de l’IVIA1, soit une augmentation de 41 € de la marge brute par vache. Le passage de 50 % à 90 % abaisse de 20 jours l’IVV et de 16 jours l’IVIA1, soit une augmentation de 22 € de la marge brute par vache.

Rentable dans les grands troupeaux à faible taux de détection

« L’effet n’est pas linéaire, note Nathalie Bareille d’Oniris. Plus on part de bas, plus grande est l’amélioration. Et l’effet n’est pas uniforme entre les élevages. » Une simulation de 12 cas types a été faite pour analyser la variabilité des résultats selon les types d’ateliers laitiers. « L’analyse montre que l’impact de l’amélioration de la détection des chaleurs est plus important sur les élevages à vêlages groupés et pour les élevages qui ne veulent pas acheter de vaches. Il est aussi plus important pour les élevages en race Normande ou Montbéliarde du fait de la valeur des veaux. » L’analyse économique de l’investissement sur deux cas types (119 vaches et 38 vaches) avec deux types d’équipement (accéléromètre 115 €/vache + 800 € de maintenance et podomètre 100 €/vache + 500 € de maintenance) montre par ailleurs que l’investissement est rentable dans les deux cas pour l’élevage de 119 vaches mais qu’il n’est pas rentable dans les deux cas avec 38 vaches. « Pour les grands troupeaux, l’investissement dans un détecteur de chaleurs est en général rentable, notamment si le taux de détection des chaleurs avant investissement était inférieur à 50 %, résume Nathalie Bareille. Dans les autres cas, la rentabilité économique n’est pas garantie. »

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