Propreté et locomotion des vaches : le sol parfait n’existe pas
Projet SolVL. Des pieds plus propres sur caillebotis et en conduite lisier, des cuisses plus propres en conduite fumier, une meilleure locomotion sur tapis. Résultats d’une enquête approfondie dans 87 élevages.
Projet SolVL. Des pieds plus propres sur caillebotis et en conduite lisier, des cuisses plus propres en conduite fumier, une meilleure locomotion sur tapis. Résultats d’une enquête approfondie dans 87 élevages.

Les sols des aires de circulation des animaux sont devenus un point essentiel dans la réussite d’un bâtiment. Avec l’agrandissement des troupeaux, les animaux y passent de plus en plus de temps et sont de plus en plus souvent logés dans un bâtiment à logettes. Or le choix d’un sol n’est pas sans conséquence sur leur propreté, leur santé et leur comportement. Mais le sol parfait n’existe pas. C’est ce que montre la première étape du projet SolVL intitulé Évaluation sanitaire, environnementale et économique des sols des bâtiments vaches laitières lancé avec un partenariat large (1) dans le but d’étudier et développer des solutions existantes ou innovantes.
La première étape de ce projet est une enquête sur les effets des sols les plus couramment rencontrés sur la propreté et la locomotion des vaches laitières. 645 élevages ont dans un premier temps répondu à un questionnaire, ce qui a permis de dresser un état des lieux des sols sur la zone d’étude (Ouest, Nord et Est de la France) et de repérer des solutions innovantes.
Dans un deuxième temps, 87 d’entre eux ont été retenus par tirage aléatoire dans les sept catégories de sols les plus courants. Quatre sols pleins : béton rainuré avec empreinte à la confection, béton rainuré mécaniquement après confection dans les six mois, béton rainuré plus de 12 mois après confection ou tapis posé sur béton. Et trois sols caillebotis : standard, rainurés ou avec tapis. De nombreuses données sur les bâtiments et les animaux (voir ci-dessous) ont été recueillies durant l’hiver 2014-2015. Au final, 3 515 vaches en lactation produisant en moyenne 9 056 kg lait/an et passant 274 jours en bâtiment ont été observées.
Des observations sur les sept catégories de sols les plus courants
L’étude montre que la nature des déjections et le type de sol (caillebotis et sols pleins) influencent de manière significative la propreté des pieds. « Elle est meilleure avec des caillebotis en comparaison aux sols pleins. Et en sols pleins, ceux en conduite lisier s’en sortent mieux que ceux en conduite fumier », résume François Gervais qui suit le projet à l’Institut de l’élevage. L’état de propreté des sols après raclage joue également sur la propreté de la face dorsale des pieds.
La propreté des cuisses et des jarrets ne semble pas influencée par le type de sol. Mais la conduite du bâtiment en lisier en comparaison au fumier semble dégrader de manière très significative la propreté des cuisses et des jarrets. « C’est probablement lié à la différence de quantité de litière dans les logettes (0,4 kg en conduite lisier et 3,5 kg en conduite fumier sur notre échantillon) ». Une faible fréquence de raclage et l’absence d’utilisation d’asséchant dans les logettes conduisent également à des jarrets plus sales.
3 545 vaches passant 274 jours en bâtiment ont été observées
Concernant la locomotion, un effet bénéfique est observé avec les tapis. Les caillebotis se situent en position intermédiaire entre les sols pleins béton et les tapis. Mais l’usure des onglons est plus limitée avec les tapis qu’avec le béton. Dans l’étude, une tendance à l’excroissance a été observée pour les onglons antérieurs uniquement. « Cela peut s’expliquer par le fait que les postérieurs sont préférentiellement parés. » D’où la nécessité, avec les tapis ou un temps prolongé en bâtiment, d’envisager un parage fonctionnel régulier y compris sur les antérieurs, ce qui est de plus en plus pratiqué par les pareurs.
« Cette première étape va par ailleurs aboutir à une méthode d’évaluation des sols et fournir des références qui permettront d’évaluer toutes les solutions innovantes », conclut François Gervais.
(1) Oniris/Inra, ISA Lille, Institut polytechnique Lasalle Beauvais, chambres d’agriculture, GDS, BTPL… dans le cadre d’un Casdar 2013.Les données recueillies dans les 87 élevages
METTRE ICI 1ER TABLEAU AVEC TITRE : Résumé des résultats sur la propreté
METTRE ICI 2e TABLEAU AVEC TITRE : Résumé des résultats sur la locomotion et la santé des pieds
COMMENTAIRES
° La propreté des animaux a été notée sur quatre zones : la cuisse, le jarret, les faces dorsales et palmaires des pieds postérieurs. Un seul côté de chaque vache a été noté.
° La locomotion a été appréciée de manière statique avec la qualité des aplombs et la forme des onglons antérieurs et postérieurs, au cornadis. Elle a été évaluée de manière dynamique lors du déplacement des vaches sur une dizaine de mètres.
° Les bâtiments ont été évalués via des mesures et discussion avec l’éleveur sur plusieurs points : les dimensions (y compris logettes et abreuvement), entretien (matériel, vitesse d’avancement, fréquence, propreté des sols après raclage…)
Les données ont été recueillies par deux étudiantes en thèse vétérinaire et des partenaires de terrain.