Le seul bon réflexe : lever le pied !
Quelle surprise une fois le pied en l’air. Un joli crampillon pour barbelés était planté dans la sole du pied boiteux. Avec un corps étranger pareil, pas étonnant qu’un antibiotique ne solutionne pas la chose.
Quelle surprise une fois le pied en l’air. Un joli crampillon pour barbelés était planté dans la sole du pied boiteux. Avec un corps étranger pareil, pas étonnant qu’un antibiotique ne solutionne pas la chose.
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« Bonjour ! J’ai encore une vache qui boite. Elle ne pose pratiquement plus le pied par terre. Elle a eu un antibiotique pourtant. »
Le seul bon réflexe à avoir dans ce cas là : il faut lever le pied ! L’antibiotique ne doit pas être le premier geste sur les boiteries, la majorité nécessitant un parage, ce qui est une solution économiquement et médicalement nettement plus intéressante.
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L’argument qui justifie le « non-levage de pied » est souvent « je n’ai pas de cage de parage ». Mauvaise excuse. Une cage de contention peut faire l’affaire s’il n’y a qu’une ou deux boiteuses. Pas de cage de contention ? Ce n’est toujours pas une raison. Des systèmes d’aide au levage à fixer sur le cornadis existent. Et quand bien même l’éleveur ne voudrait pas « investir », une sangle et un tracteur peuvent également convenir pour des interventions ponctuelles.
Quand 15 g de ferraille viennent à bout de 800 kg de vache

Bref cette vache ne va pas échapper au parage ! Et quelle surprise une fois le pied en l’air. Un joli crampillon pour barbelés était bien planté dans la sole du pied boiteux. Avec un corps étranger pareil, pas étonnant qu’un antibiotique ne solutionne pas la chose. Pour autant, il va faire partie de la solution. En effet, le morceau de ferraille a largement traversé la corne et a touché les tissus nobles du pied. Une infection est plus que probable. Elle peut se limiter aux tissus conjonctifs, mais il y a toujours un risque qu’elle se propage à la troisième phalange (os dans le pied) ou aux gaines tendineuses.

Le traitement va donc consister à retirer le crampillon, parer le pied pour avoir des aplombs corrects et évaser la corne autour du point d’entrée pour éviter l’accumulation de saletés et permettre une meilleure évacuation du pus et des sérosités. La pose d’une talonnette peut être nécessaire pour limiter l’appui sur l’onglon douloureux. Un pansement n’est pas forcément indispensable. Si on choisit de protéger la lésion (par exemple si la douleur est trop importante), il faudra renouveler les pansements régulièrement et ne pas laisser macérer. Et, enfin, un antibiotique sera administré pour éviter que l’infection ne se propage dans le pied.
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Ce petit bout de ferraille aurait pu coûter sa carrière à cette vache. En effet, s’il pénètre trop en profondeur et/ou si l’éleveur tarde à prendre en charge la boiterie, l’infection s’installe profondément dans le pied. Une arthrite se met en place et la vache peut se retrouver boiteuse à vie, ce qui conduit souvent à la réforme. Il aurait pu également lui coûter la vie s’il avait été ingéré, comme cela a pu être le cas de la vache qui bricole (voir Réussir Lait de juin 2021, p. 53). Attention donc à la gestion des éléments métalliques : lors de la pose des clôtures et aux crampillons qui trainent, ou lors de la destruction accidentelle d'une clôture parfois lors d’une fauche. Et lors du stockage des fourrages, gare aux pneus !
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À retenir
Pas d’antibiotique systématique sur les boiteries : le réflexe, c’est le parage et pas la piqûre. Les rares pathologies qui nécessitent un antibiotique sont le panaris, une atteinte profonde du pied comme ici, et, en traitement antibiotique local seulement, la mortellaro ou dermatite digitée.