Courants parasites : « Il faut compter une année minimum pour un protocole GPSE »
Lorsque des élevages situés à proximité d’ouvrages électriques publics rencontrent des problèmes qui restent inexpliqués, le Groupement permanent pour la sécurité électrique peut intervenir pour qu’un audit sanitaire et un audit électrique soient réalisés.
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Daniel Roguet, président du GPSE - « Le GPSE(1) gère les dossiers les plus compliqués, quand les problèmes de courants parasites en élevage ne sont pas expliqués. La chambre départementale d’agriculture nous sollicite. Nous regardons les transporteurs ou producteurs d’énergie autour de l’exploitation et contactons les fournisseurs pour essayer d’entrer dans une démarche amiable. Un protocole GPSE est alors signé entre l’éleveur, la chambre, le transporteur ou le producteur d’énergie et nous, qui avons un rôle de médiateur ou coordinateur.
Le protocole comprend deux audits. Le premier est un audit zootechnique et sanitaire, au cours duquel le vétérinaire mandaté par le GPSE – qui n’est pas le vétérinaire traitant – étudie la réalité des problèmes pour établir une éventuelle corrélation avec le second audit, lui électrique, réalisé à l’intérieur et à l’extérieur de l’élevage. Il faut compter une année minimum, pour avoir du recul pour chaque saison. L’éleveur s’engage aussi à appliquer les mesures qui lui sont soumises au cours du protocole. »
Combien coûte un protocole GPSE ?
Daniel Roguet - « Chaque dossier se chiffre entre 20 000 et 300 000 euros. Je suis conscient de la limite du financement du protocole par le transporteur ou le fournisseur d’énergie. Mais j’assume complètement car les experts sont indépendants. Ce qui est plus compliqué, c’est de faire financer les mises aux normes de bâtiment ou autre. Souvent, nous manquons de données sur la situation de l’élevage, avant que les ouvrages électriques ne soient installés. Nous accompagnons psychologiquement et techniquement l’éleveur, des comités de pilotages intermédiaires sont organisés pour suivre les évolutions du dossier. »
Combien avez-vous de dossiers en cours ?
Daniel Roguet - « Actuellement, nous suivons une dizaine de dossiers et de plus en plus de parcs éoliens. Il y a dix ans, une ou deux éoliennes étaient implantées. Désormais, ce sont des parcs et nous manquons d’une enquête terrain approfondie – sur le paysage, le sol et le sous-sol – en amont car ce n’est pas obligatoire. Nous travaillons avec l’Inrae pour mieux anticiper les installations d’ouvrages électriques. »