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Céréales/Monde
Des importateurs plus timides

En cours de moisson, les récoltes des principaux producteurs de l’hémisphère Sud sont revues à la baisse, mais la demande internationale aussi

LE CONSEIL international des céréales (CIC) maintient, dans son rapport mensuel du 27 novembre, son estimation de la production mondiale de blés, dur et tendre, à un niveau record de 683 Mt, en hausse de 72 Mt par rapport à 2007. Ce statu quo masque quelques ajustements : les perspectives de production des fournisseurs de l’hémisphère Sud, où les moissons sont en cours, ont été modérées. Les exportateurs sont très attentifs à ces données susceptibles d’influer sur la seconde partie de la campagne de blé tendre. Les chiffres sont en revanche rehaussés dans l’UE. La consommation mondiale est pour sa part réduite de 1 Mt sur un mois, du fait d’un recul attendu en alimentation humaine et pour les usages industriels. Dopée par la demande en alimentation animale, elle atteindrait tout de même un record de 650 Mt (+ 36 Mt).

Disparités des volumes et des qualités

Au plus bas depuis 1995, l’estimation de la production argentine est abaissée de 0,5 Mt. Elle tombe ainsi à 10,5 Mt, contre 16,1 Mt en 2007. Les pluies enregistrées fin octobre dans certaines régions n’ont pas profité à l’ensemble des cultures déjà endommagées par la météo aride. Au Brésil, au contraire, l’excès de pluies menace la qualité et freine la moisson. Celle-ci est attendue à 5,8 Mt (3,8 Mt en 2007). En Australie, le retard des précipitations a pénalisé rendements et qualité. Les prévisions de récolte sont rognées de 0,5 Mt et reculent à un niveau de 20 Mt. Un tonnage néanmoins bien supérieur à celui de l’an dernier, qui ne dépassait pas les 13 Mt.

Les estimations de l’UE sont revalorisées de 0,5 Mt et passent à 150,8 Mt (119,7 Mt en 2007), y compris 9,8 Mt (8,4 Mt) de blé dur. Les volumes du Royaume-Uni ont notamment été relevés (+ 0,5 Mt, à 17,4 Mt). Mais la qualité ne suit pas : la teneur moyenne en protéine chuterait en effet là-bas à son plus bas niveau depuis dix ans. Les blés britanniques trouvent d’ailleurs preneurs chez les Fab bretons. Les taux protéiques sont également moindres au Danemark et en Allemagne. En Espagne, ils s’avèrent meilleurs que l’an dernier. Mais ils demeurent inférieurs à la moyenne.

Dans la CEI, la récolte Kazakhe (13 Mt/ 16,6 Mt en 2007) se révèle de très bonne qualité, avec plus de 90 % des blés utilisables pour la mouture, contre une moyenne de 75 %. En Russie (62 Mt/49,4 Mt) et en Ukraine (25 Mt/ 13,9 Mt), qui ont engrangé d’importants tonnages, une forte proportion de blé tendre a en revanche été déclassée. En Amérique du Nord, la qualité s’avère moins bonne qu’en 2007. Au Canada (27,3 Mt/20,1 Mt), pénalisé par le froid, la teneur en protéine des blés meuniers se situe à 13,4 % contre 14 % l’an dernier. Celle du blé dur s’est en revanche améliorée.

Demande alimentaire bridée par la crise

La consommation pour l’alimentation humaine est rognée de 0,9 Mt sur le mois. A 451 Mt, elle progresserait tout de même de 1 % par rapport à 2007. Cependant, « le ralentissement économique devrait brider l’essor de cette consommation dans les pays en développement en Asie et en Afrique subsaharienne, où la demande est plus sensible aux changements des prix et des revenus », anticipe le CIC. Par ailleurs, dans un contexte de repli du pétrole, le développement de l’éthanol devrait être moins rapide que prévu, en particulier dans l’UE. Il en est de même pour les volumes d’amidon. A 17 Mt, l’utilisation industrielle est donc abaissée de 0,5 Mt sur le mois (15,3 Mt). Les chiffres de l’alimentation animale sont inchangés. A 118,9 Mt (89,2 Mt en 2007), ils se situent au « niveau le plus élevé depuis le début des années quatre-vingt-dix lorsque les effectifs d’élevage dans l’ancienne Union soviétique étaient sensiblement plus importants ». Les stocks de report des cinq principaux exportateurs sont maintenus à 44,2 Mt (+ 15,7 Mt).

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