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Brasserie/Bières
Bières : boom de l’artisanat et du local en bio

Le marché de la bière bio explose, avec un taux de progression estimé à +24 % en 2019 par l’Agence bio. Ralenti par la crise sanitaire au printemps, il a rebondi cet été, en réorientant ses ventes.

© Marc Descamps-La Dépêche-Le Petit Meunier

La crise sanitaire a bloqué la croissance dans son élan », constate François Guillon, dirigeant de Bières de Montmorillon, dans la Vienne. Cette brasserie historique, relancée en 2017, mise sur l’approche artisanale, qualitative, locale, responsable et 100 % bio. Elle a produit 1 000 hl en 2019, et comptait doubler en 2020. « Comme beaucoup de microbrasseries, nous avons été impactés en direct par les fermetures, puis la baisse d’activité des bars et restaurants, notamment à Paris et dans les villes. La croissance de 30 % des magasins bio et du drive nous a sauvés, mais cela n’a pas compensé notre manque à gagner, et nous sommes fragilisés car nous avons un gros besoin en trésorerie. » Pourtant, s’il est freiné, le boom de la bière bio artisanale, aux gammes variées et originales et lié à multiplication de microbrasseries en France, reste dynamique. Un mouvement de fond, qui prend des parts de marché sur les autres boissons. On compte près de 2 000 brasseries en France, dont 30 % ont une offre bio plus ou moins large, selon le Syndicat national des brasseurs indépendants. L’Agence bio recense près de 300 brasseries dédiées à la production bio. Difficile d’en évaluer les volumes. « Sur ce marché de la bière artisanale, c’est le local qui s’impose d’abord, avec une création de brasserie par jour avant le confinement, rappelle Hervé Lamoureux, artisan-malteur bio breton, pionnier en France. Mais pour moi, le local se conjugue forcément avec le bio, pour des raisons de protection de l’environnement. »

Création de malteries

Lancée il y a deux ans à Vannes, sa malterie Yec’hed Malt, dédiée au bio, d’une capacité de 500 t/an de malt, est une première en France. Elle est née de l’impulsion de la filière De la Terre à la Bière, qui, depuis quinze ans, œuvre à développer un réseau breton de producteurs d’orge et de brasseurs, regroupés pour mieux cerner et orienter les besoins régionaux. « Le maillon malterie locale de notre filière est récent, une grande partie du malt bio étant achetée en Belgique, et aussi de plus en plus dans l’est et le centre de la France, précise Didier Le Hec, agriculteur et président de la filière De la Terre à la Bière. Mais en Bretagne, nous œuvrons pour la proximité. » Sous l’impulsion de brasseurs, une autre malterie artisanale bio voit aussi le jour en 2019 dans le Finistère, la malterie de Bretagne, une Scop, d’un potentiel de 1 500 t de malt. « Les besoins des brasseurs augmentent, même si la crise sanitaire nous a fait des frayeurs. Mais cet été, notamment en Bretagne, la demande a été dynamique, le contenu des fûts prévus pour les festivals a été commercialisé en bouteilles et, au final, le marché est reparti. Et nouveau débouché du malt, le whisky bio local est aussi de plus en plus apprécié. » Signes de l’engouement, la production de houblons bio un peu partout en France et des projets de malteries bio éclosent.

Dans l’Est, le groupe Soufflet, un des leaders du malt bio et muni d’un outil industriel, surfe aussi sur cette vague toujours très prometteuse, même si les effets de la crise du Covid se sont fait sentir. Son site de Pithiviers-le-Vieil, dans le Loiret, certifié bio en 2017, produit 3 000 t de malt bio (2019-2020) avec quatorze références (touraillé et torrefié), issues d’orge françaises. De son côté aussi, le marché s’est relancé, visant surtout les artisans brasseurs, via son site internet, à défaut de clients industriels, encore discrets sur ce segment.            

 

         

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