Europe : les hauts et les bas de la châtaigne
Les acteurs européens de la filière châtaigne se sont retrouvés en Espagne. L’occasion d’étudier les prévisions de récolte.
Les acteurs européens de la filière châtaigne se sont retrouvés en Espagne. L’occasion d’étudier les prévisions de récolte.

La châtaigne se débat entre les aléas climatiques et les ravageurs… Mais sa forte valeur ajoutée fait d’elle une production toujours intéressante. La 9e Rencontre européenne de la Châtaigne, Eurocasta*, qui s’est tenue fin septembre en Estrémadure, s’en est fait l’écho, en réunissant producteurs, metteurs en marché, transformateurs et acteurs de développement du territoire. Ils ont constaté que depuis plusieurs années, les prix du marché restaient élevés, à destination du frais ou de la transformation, grâce à une demande qui demeure supérieure à l’offre au niveau mondial. Outre les ravageurs et les maladies, le changement climatique est une des préoccupations majeures des participants, en particulier le stress hydrique.
Le point sur les prévisions de récolte
Pour la campagne 2018, l’Espagne annonce une production de l’ordre de 30 000 tonnes, à la faveur d’une météo clémente avec un hiver sec et un printemps pluvieux. C’est tout de même 10 000 tonnes de plus que l’année dernière, marquée par des fruits de mauvaise qualité. Toutefois, l’Italie devrait encore devancer l’Espagne, avec 33 000 tonnes de prévues. Mais, on est encore loin des niveaux affichés dix ans auparavant (55 000 tonnes en 2008). En cause, le cynips arrivé sur le territoire transalpin au début des années 2000. La lutte grâce à Torymus dans le Piémont commence à payer mais les autres régions ont pris du retard. Au Portugal, le manque de pluie et le retard de floraison ont plus que pénalisé la production. Avec un potentiel estimé à 47 000 tonnes, le Portugal n’annonce que 27 000 tonnes pour 2018. Enfin, la France estime sa production à 8 000 tonnes, bien en dessous de ses voisins mais le cynips n’y est pas innocent. L’année 2018 est jugée comme correcte pour les rendements. Cependant, les premiers fruits de Bouche de Bétizac affichent des taux de larves de carpocapses importants.
*Eurocasta a été initié par l’Assemblée des régions européennes fruitières légumières et horticoles (AREFLH) en 2010.