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Croissance des génisses charolaises
Les premières années sont à surveiller de près

Différentes données sur le poids et le pointage après sevrage de génisses charolaises ont été présentées à l´occasion d´une journée organisée par la Fédération régionale Bovins Croissance Bourgogne. Les chiffres font état d´une forte hétérogénéité entre élevages.


En 1997 a démarré en Bourgogne le projet expérimental d´étudier la faisabilité et la fiabilité de l´évaluation en ferme des qualités maternelles de taureaux d´IA. Un travail complémentaire à celui jusqu´alors réalisé dans la seule station d´Agonges, dans l´Allier. Ce travail a été initié sur 130 exploitations bourguignonnes adhérentes au contrôle de performance. Puis à partir de 2001, il a été étendu à d´autres départements. Pour être en mesure de permettre un travail de même nature que celui réalisé à la station d´Agonges, les génisses filles des taureaux en cours d´évaluation sont pesées à plusieurs reprises entre le sevrage et leur première mise-bas à trois ans. Des résultats sur les différentes données collectées dans le cadre de ce travail ont été présentés à l´occasion de la quatrième journée de l´élevage organisée par la Fédération régionale Bovins Croissance Bourgogne.
« Les trois pesées post-sevrage ont successivement lieu avant la mise à l´herbe, à 12-15 mois, puis à l´entrée de l´hiver entre 18 mois et 2 ans et enfin à la mise à l´herbe à deux ans. Puis les morphologies de ces génisses sont jugées avant vêlage lorsqu´elles sont encore au pré. Elles sont alors âgées d´environ trente mois », a expliqué Jérôme Laviron, responsable Bovins Croissance pour le département de l´Yonne.
A côté des données relatives au poids et au pointage, les autres caractères contrôlés sont la fertilité, l´aptitude au vêlage et l´aptitude maternelle à l´allaitement évaluée par le biais de la méthode Iboval. La collecte de ces différentes informations vise à avoir un ensemble de données les plus complètes possible sur les qualités maternelles que ces éventuels taureaux d´IA auront transmises à leurs filles.

Depuis la mise en place de cette expérimentation, beaucoup d´éléments ont déjà été enregistrés. L´analyse des chiffres disponibles est d´ores et déjà riche d´enseignements. « Il existe des écarts très importants entre élevages. La moyenne pour le poids âge type à 2 ans varie de 500 à 650 kg. Les niveaux de croissance sont extrêmement variables d´une exploitation à l´autre particulièrement en hiver. » Ainsi, suivant les exploitations, les GMQ oscillent de 300 à 1000 g le premier hiver et de 100 à 1 200 g le second. Une fois les génisses remises à l´herbe, les croissances au pré varient du simple au triple, soit de 200 à 600 g. L´analyse de la répartition du nombre d´animaux en fonction de leur poids lors de leur second anniversaire indique que les deux tiers des génisses pèsent entre 500 et 620 kg.
D´après le suivi pondéral des animaux, les génisses les plus lourdes à 2 ans sont aussi très nettement celles qui permettent de sevrer les veaux les plus lourds. ©F. d´Alteroche

Le rôle-clé de l´alimentation
Pour expliquer ces différences, la génétique a une influence. Mais pour les techniciens, la principale raison est d´abord liée à la différence de conduite d´élevage entre exploitations. Deux éléments jouent un rôle-clé. Il s´agit de l´alimentation et de l´état sanitaire avec la gestion des différents traitements antiparasitaires. La comparaison des données pour une même génération d´animaux sur plusieurs années consécutives est riche d´enseignements. Les chiffres montrent que les écarts de poids à deux ans demeurent lorsque les génisses deviennent vaches et que vient l´heure de sevrer leurs premiers veaux. En effet les génisses les plus légères sont aussi celles dont les premiers veaux sont les plus légers au sevrage. Pour démontrer ceci, les techniciens ont pris l´exemple de la Saône-et-Loire. Dans ce département, les génisses du quart inférieur ont un poids âge type à deux ans de 495 kg et le poids à 210 jours de leur premier veau est en moyenne de 237 kg. En revanche, celles composant le quart supérieur pèsent en moyenne 620 kg à 2 ans et leur premier veau atteint, toujours en moyenne, 276 kg à 210 jours.
Relation entre poids à 2 ans et poids de carcasse
Une donnée qui souligne tout l´intérêt de soigner l´alimentation des génisses de renouvellement, d´autant que ce sont les génisses les plus lourdes à 2 ans qui tendent aussi par la suite à vêler le plus facilement.
« Les génisses d´élevage d´aujourd´hui sont vos vaches de demain. Leur poids à 1 et 2 ans déterminera leur poids et donc leurs performances une fois adultes », a souligné Régis Grémion, responsable du service génétique allaitante à la Chambre d´agriculture de Saône-et-Loire. Ce dernier a ensuite précisé la relation qui existait entre le poids des génisses à 2 ans et leur futur poids de carcasse. « Une différence de poids vif de 50 kg à 2 ans tend à se traduire par une différence de poids de carcasse d´environ 15 kg sur les vaches de réforme qui en résultent quelques années plus tard. Ce différentiel atteint une vingtaine de kilos si ces génisses sont engraissées et abattues avant d´avoir vêlé. »

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