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Les pays du pourtour méditerranéen importent davantage de viande bovine et moins de bovins vivants

Les pays du pourtour méditerranéen, proches voisins de l’Europe et clients historiques pour certains, subissent l’après-Covid et des épisodes de sécheresse. Ils restent un marché très important pour les bovins vifs.

"Le pourtour méditerranéen reste le deuxième bassin importateur mondial de bovins vivants, derrière les USA", a expliqué Ilona Blanquet de l’Institut de l’élevage, lors de la journée Marchés mondiaux de la viande bovine. "L’Union européenne conserve une part de marché stable sur ce marché, avec 51 % en 2021 contre 38 % pour l’Amérique du Sud."

Ilona Blanquet de l'Institut de l'élevage. " L'Union européenne conserve une part de marché stable sur le marché du pourtour méditerranéen des bovins vivants, avec 51 % en 2021."

En 2021, 1,23 million de têtes de bovins vivants y ont été importées. C’est 9 % soit 115 000 têtes de moins qu’en 2020. L’impact économique et financier de la crise du Covid a été très important pour ces pays. De plus en 2020 et en 2021, des épisodes de sécheresse ont déstabilisé les filières agricoles. "Globalement sur cette zone, les importations ont tendance à s’orienter vers davantage de viande et moins de bovins vivants", analyse Ilona Blanquet.

Les importations de viande bovine ont en effet en parallèle bondi de 23 % pour atteindre 723 000 téc, et retrouver le niveau de 2019. Cette progression est essentiellement due à des achats importants de viande réalisés par l’Égypte, Israël et la Jordanie. L’Union européenne a fourni 4 % de la viande importée par les pays méditerrannéens en 2021. L’Inde y a réalisé une percée grâce à ses tarifs bas et domine le marché avec 51 % des parts de marché. Le Mercosur tend à reculer avec 42 % des envois.

Égypte : des achats dynamiques en 2021

Dans ce tableau, l’Égypte s’est démarquée en 2021 en maintenant une croissance économique et en maîtrisant l’inflation. Elle a bénéficié d’un certain retour des touristes et d’envois monétaires massifs de la diaspora. L’Égypte a importé davantage de bovins vivants en 2021 (+15 %). Le Brésil, concentré sur les marchés de l’Asie, a quasiment disparu de la liste des fournisseurs et c’est la Colombie qui s’y est placée. L’Uruguay, qui dispose d’un peu plus de disponibilités qu’avant est revenu aussi sur ce marché. Des achats importants de bovins prêts à abattre sont toujours réalisés depuis le Soudan. L’Espagne reste le principal fournisseur européen de broutards en Égypte. La France y a expédié un bateau de broutards en 2022.

La situation actuelle de l’Égypte est par contre très difficile et incertaine. L’inflation bondit depuis le mois de mars 2022, et une dépréciation monétaire est engagée. Le FMI intervient pour ce pays qui a déjà connu dans le passé des émeutes de la faim.

Israël : des imports en forte croissance

Israël a vu sa consommation de viande bovine bondir de 10 % en 2021 — une tendance qui se maintient depuis 2015 grâce à la croissance de la population à bon pouvoir d’achat et à une économie dynamique. Les importations de bovins maigres ont représenté 265 000 têtes en 2021 soit 18 % de plus en un an. L’Australie, fournisseur historique de ce pays, recule faute de disponibilités et des pays européens y développent leurs envois depuis 2014. Aujourd’hui, le Portugal est le principal fournisseur européen d’Israël, avec 118 000 têtes (+20 % l’an dernier) et la Roumanie le second avec 72 000 têtes (+50 % en 2021). La France a plus que doublé ses envois avec 19 000 têtes en 2021.

En viande également, la croissance des importations est forte à 17 % en 2021. Les trois quarts sont de la viande congelée, provenant à 90 % du Mercosur. La France se positionne sur le petit créneau de la viande réfrigérée, et a expédié 4 000 téc en 2021, en progression de 33 %. La Pologne reste le gros fournisseur européen d’Israël en viande avec 8 000 téc en réfrigéré et 8 000 téc en congelé.

Turquie : une situation économique très critique

Les importations de bovins vivants par la Turquie sont tombées en 2021 à 238 000 têtes, soit 38 % de moins qu’en 2020 (et alors qu’elles étaient arrivées à 1 350 000 têtes en 2018). En 2020 et 2021, la Turquie s’est lancée dans une politique monétaire visant à stimuler la consommation et les exportations, mais celle-ci a conduit à la défiance des marchés internationaux. La monnaie connaît désormais une énorme perte de valeur. Les engraisseurs turcs ont de grosses difficultés pour importer du maigre et des aliments du bétail (dont la moitié environ n’est pas produite sur place). Les bovins vifs importés en 2021 venaient pour moitié d’Uruguay ; le Brésil, la République tchèque et la Hongrie sont les autres principaux fournisseurs.

En 2021, la Turquie a acheté 16 000 téc de viande bovine, provenant à 85 % du Brésil. Sur le début de l’année 2022, le prix de la viande locale en Turquie a augmenté de 50 % comparé à la moyenne de 2021. Des importations massives de viande pourraient permettre de faire baisser ce prix, à l’image de ce qui a été pratiqué par le passé, mais les capacités financières du pays pour le faire cette fois sont très incertaines.

Algérie : une consommation de viande en baisse

En Algérie, suite aux épisodes de sécheresse, l’importation de bovins vifs a reculé en 2021 pendant que les importations de blé dur pour la consommation humaine ont explosé. Seulement 41 000 broutards français ont été expédiés en Algérie l’an dernier, soit 19 % de moins qu’en 2020.

Depuis janvier 2022, la situation était plutôt à la reprise avec la suppression de la limite de poids pour les broutards français, mais elle reste instable. Des tensions politiques se développent entre l’Algérie et l’Espagne — principal autre fournisseur de bovins vivants — sur le sujet du Sahara occidental. Et le marché du gaz et du pétrole sont favorables à l’économie de l’Algérie. Cependant, la circulation actuelle de fièvre aphteuse en Algérie fait peser une menace sur ce marché.

Les importations algériennes de viande se sont elles aussi réduites en 2021 avec la priorisation de l’utilisation des devises pour acheter des produits de première nécessité. Elles sont trustées par l’Inde grâce à ses tarifs très bas. La consommation de viande a diminué de 16 % en un an en Algérie.

 

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