Crucifères fourragères
Le son de moutarde sec ou humide constitue un complément azoté
Les enveloppes de graines brunes issues de la fabrication de la moutarde, sous forme sèche ou humide, peuvent être incorporées dans l´alimentation des bovins allaitants. L´Enesad (1) a mesuré leur digestibilité. En moyenne, le son de moutarde brune, sec apporte 90 g de MAD par kilo de matière sèche et 120 g pour le son humide. On peut tabler sur une valeur de 0,4 UFL, 110 g de PDIN, et 120 g de PDIE par kilo de matière sèche. « La valeur azotée du son de moutarde s´avère intéressante. Ce produit est appétent, mais sa richesse en sel entraîne une consommation importante d´eau de boisson », commente l´Enesad. « Sa forte teneur en matière grasse d´autre part limite la digestibilité de sa cellulose, d´où une assez faible valeur énergétique. » Des observations en élevage ont montré que le son sec s´utilise bien en mélange avec les concentrés.
Le son de moutarde humide peut quant à lui être incorporé à raison de 10 à 15 % en poids dans l´ensilage de maïs lors de sa mise en silo. « Le processus de fermentation élimine l´allyl sénevol, substance toxique contenue dans le son humide en sortie d´industrie, qui limite son ingestion. Et le son contribue à améliorer la conservation de l´ensilage. » Sa valeur azotée s´en trouve par la même occasion nettement améliorée.
D´autre part, la moutarde blanche utilisée comme culture intermédiaire piège à nitrates peut éventuellement être pâturée avec les mêmes recommandations que pour du chou ou du colza fourrager, selon le site internet de l´Institut de l´élevage. Elle est consommable par des bovins avant floraison uniquement, car des composés soufrés s´accumulent dans les boutons floraux.
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©Enesad |
(1) Ecole nationale d´enseignement supérieur agricole de Dijon.
Etude présentée lors des Journées 3R 2003.