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La vasectomie par résection de la queue de l’épididyme

L’épididymectomie est une technique chirurgicale simple pour vasectomiser un taureau et en faire un boute-en-train. Elle est rapide à réaliser et peu coûteuse.

L’utilisation d’un taureau vasectomisé en élevage allaitant est une option parmi d’autres pour aider à repérer les chaleurs. La vasectomie consiste à rendre le taureau stérile sans altérer son comportement sexuel. Equipé d’un licol marqueur, il laisse une marque sur le dos de la vache en chaleur, signe qu’il l’a saillie. L’éleveur peut alors appeler l’inséminateur. Deux techniques chirurgicales peuvent être utilisées pour vasectomiser un taureau : la résection soit du canal déférent soit de la queue de l’épididyme. Après l’opération, les testicules restent fonctionnels en termes de sécrétions hormonales et de spermatogénèse, mais les spermatozoïdes n’arrivent plus dans la semence.

Le docteur Olivier Sourbé, vétérinaire de la coopérative d’insémination animale des Éleveurs du pays vert (groupe Altitude), dans le Cantal, pratique la vasectomie par suppression de la queue de l’épididyme — ou épididymectomie — depuis plus de dix ans. « J’ai d’abord pratiqué des vasectomies sur des taureaux non retenus suite au contrôle individuel limousin, explique Olivier Sourbé. Ces taureaux étaient ensuite mis en place chez des éleveurs afin de leur faciliter l’accès à l’insémination. Par la suite, la coopérative a cherché à promouvoir la technique auprès de ses adhérents et j’ai ainsi transmis mon procédé chirurgical aux confrères libéraux intervenant chez les éleveurs qui faisaient appel à cette technique. J’ai appris ce procédé chirurgical de la consœur qui m’a précédé à mon poste, puis, au fur et à mesure de mon expérience et des échanges avec les confrères, j’ai simplifié l’opération. Aujourd’hui, je ne rencontre que très peu de complications postopératoires et le procédé est très efficace. » Une épididymectomie coûte entre 100 et 150 euros.

Un acte chirurgical simple à condition de bien préparer l’animal

Autre avantage de l’épididymectomie, elle est pratiquée sans couchage du taureau. Il reste debout dans une cage de contention avec des sangles de suspension pour éviter qu’il ne se couche et les pattes arrière attachées par sécurité. Dans cette posture, l’accès au testicule est facilité. « Je fais une tranquillisation de l’animal, une anesthésie locale du testicule et un bon nettoyage et désinfection de la zone opératoire, détaille le vétérinaire. L’acte chirurgical est simple, mais il faut bien faire cette préparation pour ne pas être ennuyé pendant et après l’opération. » Il faut trouver également le bon équilibre entre tranquillisation de l’animal et envie de se coucher, ce qui constitue l’aléa principal, d’où l’utilisation des sangles.

Un grand plat sans intérêt pour la reproduction

Quant au futur mâle boute-en-train, le vétérinaire conseille de le choisir d’abord pour sa docilité, donc de préférence de race allaitante. « L’animal doit être bien sur ses aplombs, d’un gabarit suffisant pour qu’il puisse saillir et pas trop lourd, plutôt de races Limousine ou Salers. Il faut choisir un grand plat sans intérêt pour la reproduction », précise-t-il. Le taureau ne doit être ni trop jeune ni trop vieux, l’opération devenant alors plus compliquée. Idéalement entre 1 et 2 ans. Après l’opération, le taureau ne doit pas être utilisé avant un mois et demi car des spermatozoïdes restent stockés en aval de l’épididyme. Il pourrait donc féconder des vaches lors des premières saillies. Pour gagner du temps, on peut le mettre avec des vaches de réformes qu’il saillira. Fort d’une bonne expérience de cette acte chirurgical et soucieux de promouvoir cette technique pour développer l’insémination, le Dr Sourbé accompagne ses confrères libéraux qui le souhaitent pour leur transmettre la technique.

L’opération en images

1 Après une antisepsie locale soignée (testicules, intérieur des cuisses), le vétérinaire fait descendre un testicule en le prenant en partie haute. Puis il incise la peau, le tissu conjonctif et la tunique vaginale qui enveloppe le testicule. Il est important de ne pas toucher le testicule, au risque de provoquer un saignement important difficile à arrêter et d’être obligé de refermer par suture le testicule et d’avoir un hématome important.
2 L’épididyme est une circonvolution très longue du canal spermatique. La queue forme une sorte de demi-tour au-dessous du testicule, avec une branche qui descend de la tête de l’épididyme et une autre qui remonte vers le canal déférent. C’est cette partie de l’épididyme, facilement accessible, qui est enlevée.
3 Le vétérinaire prend la queue de l’épididyme avec les doigts puis glisse un clamp entre les deux branches pour bien l’extérioriser. Elle est solidement attachée à la vaginale par un ligament. Pour la détacher, il la dissèque avec les doigts ou à l’aide de ciseaux à bout rond.
4 Une fois la queue dégagée, le vétérinaire clampe successivement chacun des deux canaux et les coupe au scalpel. Parfois, la queue de l’épididyme se détache seule, juste en la disséquant.
5 Quand l’opération est terminée, le testicule remonte et il ne suture pas la plaie. « Vu qu’elle est en position déclive (NDLR : point le plus bas), cela permet à d’éventuels liquides de s’écouler. La plaie se ferme naturellement dans les 24 heures. Au bout de 48 heures, on ne voit plus rien », assure Olivier Sourbé. Il intervient ensuite sur le deuxième testicule. Au total, l’opération ne dure pas plus de 10 à 15 minutes. En postopératoire, il recommande juste de la surveillance.

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