Tourteau de colza
Consommer français sans modifier les performances d´engraissement des animaux
Il y a une dizaine d´années, plusieurs essais ont été réalisés par l´Institut de l´élevage sur des taurillons à l´engrais. La ration de base était fournie par du maïs consommé à volonté. Le complément contenait des céréales et du tourteau de soja ou de colza. Sans oublier les minéraux.Pour les mêmes performances, les quantités distribuées sont précisées dans ce tableau.
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Dans les lots complémentés au colza, il n´a pas été observé de baisse du niveau d´ingestion. Bien que ces taurillons consomment plus de tourteau, mais un peu moins de céréales et d´ensilage, la quantité totale d´aliment ingérée est sensiblement égale à la quantité ingérée avec la ration au soja. Les résultats au niveau des carcasses et de l´état de gras sont en moyenne identiques dans les deux types de complémentation.
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Le tourteau de colza est un aliment appétent pour les bovins et facile à utiliser. ©A. Conté |
Du tourteau de colza depuis plusieurs années
Quelques éleveurs ont aussi fait le pas sur leurs exploitations, et certains il y a déjà longtemps. Dans la Manche, le Gaec de la Rabatterie est constitué d´un atelier lait et d´un atelier d´engraissement de taurillons. Depuis une dizaine d´années, Dominique Rauline explique : « nous utilisons du tourteau de colza pour les vaches laitières, ce qui nous a permis de faire baisser leur taux butyreux. Nous avons alors introduit le tourteau dans les rations des taurillons ce qui n´a pas modifié leurs performances zootechniques. Pour le stockage nous n´avons pas de problème, on le fait venir par 25 tonnes qui se conservent très bien. ».
M. Boiget, éleveur allaitant dans la Haute-Marne, élève une cinquantaine de Charolaises et engraisse des taurillons. Il déclare que « c´est la troisième saison où on consomme uniquement français pour l´alimentation de nos bovins ». C´est notamment la deuxième crise de la vache folle qui a inspiré cette « renationalisation » des approvisionnements.
« Le colza va aussi bien que le soja, si ce n´est qu´il faut en donner un peu plus. Nous donnons 1 kilo de tourteau avec 2 kilos de pulpes de betterave, et des céréales dont la quantité varie suivant le besoin des animaux et le stade de finition. Les performances techniques des animaux restent inchangées par rapport au tourteau de soja ».
Un autre éleveur de la Haute-Marne, qui engraisse une centaine de taurillons par an, avait décidé il y a près de dix ans, dès la première crise de la vache folle, d´utiliser du tourteau de colza. Aidé par son marchand d´aliment, il passe à la fabrication en ferme et souligne qu´avec le tourteau de colza « on connaît la provenance des matières premières pour faire l´aliment à la ferme. Aujourd´hui nous distribuons à nos taurillons du maïs à volonté, 2 à 2,5 kilos de tourteau de colza, du blé ou de l´orge suivant l´année en quantité variable, plus des minéraux. Le tourteau reste un aliment appétent. Au niveau du prix de la ration, c´est intéressant par rapport au soja. »