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Arnaud Imbert, 80 vaches limousines en système naisseur-engraisseur en bio dans l’Aveyron
Bio : « Je ne me prélève plus de revenu depuis le dernier versement d’aides »

Arnaud Imbert, éleveur bovin en bio dans l’Aveyron, ne se prélève plus de revenu depuis le 10 mars, afin de préserver sa trésorerie suite à une année 2023 particulièrement difficile et au retard de versement des aides bio.

éleveur bovin en bio avec ses vaches de race Limousine
Arnaud Imbert élève 80 vaches limousines en système naisseur-engraisseur en bio dans l’Aveyron
© A. Imbert

« La situation économique actuelle est très difficile sur l’exploitation. Pour préserver un peu de trésorerie, j’ai pris une décision radicale : je ne me prélève plus de revenu depuis le dernier versement d’aides. Le 10 mars dernier, je n’ai touché qu’un acompte de 75 % des aides PAC bio. C’est la première année avec autant de retard ! Le reste du versement annoncé pour le premier semestre 2024 peut tomber demain comme au mois de juin. Cette absence de visibilité s’ajoute à une année 2023 particulièrement compliquée : les charges ont augmenté de 20 % malgré notre système très autonome. En parallèle, les produits n’ont progressé que légèrement, entre 5 et 10 %, car une part importante de la production est déclassée en conventionnel, faute de débouché suffisant en bio.

Si le solde des aides PAC n’est pas versé rapidement, nous pourrions être contraints d’anticiper la vente de cinq à huit animaux, soit près d’un tiers des effectifs prévus à l’engraissement. Ce serait un gain de trésorerie en instantané, mais une perte sur le résultat de 400 à 500 euros par animal, uniquement à cause de l’administratif. La décapitalisation du cheptel n’est pas prévue, mais reste envisageable en dernier recours.

Face à cette situation, j’ai déposé une demande d’aide dans le cadre du fonds d’urgence bio. J’espère obtenir une instruction rapide du dossier. Je ne sais pas encore si mon exploitation sera éligible, ni à quelle hauteur d’indemnités je peux prétendre. Il faudrait quelques milliers d’euros pour commencer à compenser les pertes, ce qui semble peu probable au regard de l’enveloppe annoncée. Dans l’hypothèse plus réaliste d’une aide de quelques centaines d’euros, ce fonds d’urgence remettra une pièce dans la machine, mais ne suffira pas à sécuriser nos filières françaises. La France doit financer l’agriculture biologique à hauteur de ses ambitions, nous sommes encore loin de l’objectif du plan Ambition bio 2027 qui vise 18 % de SAU en bio. »

Propos recueillis par Anne-Laure Galon

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