Les dix avantages d’une stratégie de nourrissement d’entrée
Pour pallier les manques de ressources, pollen et nectar, l’apiculteur doit parfois nourrir ponctuellement ces abeilles. Une multitude de méthodes de nourrissement existent, chacune avec ses avantages et ses inconvénients répondant à un objectif fixé par l’apiculteur. Dans une approche de stimulation et de maintien d’une dynamique de colonie d’abeilles, Florent Gatelier, apiculteur dans la Vienne, nous présente sa méthode de nourrissement d’entrée.
Pour pallier les manques de ressources, pollen et nectar, l’apiculteur doit parfois nourrir ponctuellement ces abeilles. Une multitude de méthodes de nourrissement existent, chacune avec ses avantages et ses inconvénients répondant à un objectif fixé par l’apiculteur. Dans une approche de stimulation et de maintien d’une dynamique de colonie d’abeilles, Florent Gatelier, apiculteur dans la Vienne, nous présente sa méthode de nourrissement d’entrée.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’évolution du climat et de l’agriculture ont modifié brutalement l’environnement. Ces changements ont des conséquences sur les ressources florales dont dépendent les colonies d’abeilles mellifères et donc sur le nourrissement. Parmi les différentes méthodes de nourrissement, la famille Gatelier a toujours adopté le nourrisseur d’entrée pour stimuler ou maintenir la dynamique de la colonie en saison en cas de besoin. Car en plus de sa conception simple et de son utilisation rapide, le nourrisseur d’entrée a bien d’autres avantages : voyez par vous-même !
1. Conception simple
La conception du nourrisseur d’entrée en bois fait maison est relativement simple. Il est composé d’une ouverture permettant le passage uniquement de quelques abeilles ayant un accès au nourrissement ; d’une feuillure d’une épaisseur permettant de rentrer dans la ruche/ruchette par la planche d’envol ; d’un trou circulaire permettant au goulot d’une bouteille de rentrer, un rétrécissement à la fin du trou permet au bouchon de la bouteille de ne pas coller au fond du nourrisseur, donnant l’accès aux abeilles au bouchon.

2. Utilisation rapide et efficace
Au préalable de son utilisation, il est nécessaire de préparer les bouteilles. Pour cela, le bouchon doit être percé de plusieurs trous de dimension 2 mm. Intégrer img3
Florent utilise une bouteille d’un litre et la remplit de sirop du commerce issu de sucre de betterave d’une densité de 1,4, c’est-à-dire qu’il met 1,4 kilo de sirop dans une bouteille d’un litre. Il prépare ainsi plusieurs bouteilles qu’il stocke et transporte dans des casiers. Cette étape peut être réalisée hors du rucher, à des temps creux hors des moments de visite des colonies. Sur le rucher, il suffit de poser le nourrisseur sur la planche d’envol et d’insérer la feuillure dans la ruche. Pour finir, mettre une bouteille remplie d’eau sucrée renversée dans le trou prévu à cet effet. Par effet de dépression, le sirop ne coulera qu’au moment où l’abeille récupérera le sirop.

3. Stimule une miellée douce
De par sa position extérieure à la ruche, les abeilles récupèrent l’eau sucrée en passant par la planche d’envol, ce qui est le même comportement qu’une miellée.

4. Évite le blocage du nid à couvain
Par l’accès limité au nourrissement, ouverture étroite et écoulement lent de l’eau sucrée, il n’y a pas de stockage rapide et massif du nourrissement par les abeilles.
5. Contrôle rapide de la prise de sirop des colonies
Étant donné que l’eau sucrée est stockée à l’extérieur de la ruche dans une bouteille transparente, un simple regard est nécessaire pour connaître la prise du nourrissement, permettant de déceler les colonies les plus fortes et celles à problèmes.
6. Recyclage
Les bouteilles plastiques ont une deuxième vie.
7. Dosage facile de la quantité de sirop
C’est le volume de la bouteille utilisée qui permet de connaître exactement la quantité donnée aux abeilles.
8. Prolonge l’élevage de mâle
En simulant une miellée douce, la colonie a tendance à maintenir l’élevage des mâles plus longtemps.
9. Un nourrissement 24/7
Le nourrissement est réalisable aussi par mauvais temps, voire la nuit ! Pas de besoin d’ouvrir la ruche pour nourrir et de déranger la colonie, tout se fait à l’extérieur de la ruche.
10. Rôle de réducteur d’entrée
Par sa conception, le nourrisseur permet de moduler plus ou moins l’entrée de la ruche/ruchette en fonction de sa pose, utile pour les essaims pour éviter le pillage.
À savoir
Comme tout dispositif, cette stratégie connaît aussi ses limites
Portrait d’exploitation et de famille
Qui est Florent Gatelier ?
Issu d’une famille d’apiculteurs depuis quatre générations, Florent s’est installé en tant qu’apiculteur professionnel en 2015 sur la commune de Civray dans la Vienne (86). Ses ruches disposées dans un rayon de 20 kilomètres autour de son siège social profitent d’un environnement composé principalement de polycultures et de ressources naturelles : haies et petits bois. Florent a fait le choix de ne pas transhumer ses ruches et de profiter uniquement des ressources présentes dans son environnement. Son exploitation est basée sur la production de miel, de reines et d’essaims. Ses principales miellées sont : colza, forêt/châtaignier, tournesol et éventuellement en fonction des années acacia et sarrasin. Pratiquant l’apiculture sédentaire, avoir recours à la transhumance pour pallier le manque de ressources n’est pas envisageable, nourrir devient une nécessité au moment où l’environnement ne fournit pas assez de nectar.
Les conseils techniques
La posologie de Florent
Appliquer chaque semaine 1 litre de sirop commercial à base de sucre de betterave pour les :
- ruchettes jusqu’à leur transvasement en ruche ;
- ruches retardataires en sortie d’hivernage, le nourrissement de ces ruches permettra de rattraper les plus belles ;
- colonies en période de disette permettant de maintenir la dynamique de la colonie.
Pour l’élevage, on peut soutenir les ruches éleveuses et les ruches à mâles par ce type de nourrissement.
Bien entendu, arrêter tout nourrissement en période de miellée.