« Si le loup arrive sur notre territoire, ce sera ingérable »
Témoignage : Éleveurs ovins sur le plateau de Millevaches, Évelyne et Alain Labarre redoutent la possible arrivée du loup sur leurs terres.

Évelyne et Alain Labarre élèvent 310 brebis limousines sur 75 hectares à Gradeix, petit hameau de la commune de Gioux. La projection du film sur le loup à laquelle ils ont assisté à Aubusson le 4 décembre dernier (cf. « La Creuse Agricole et Rurale » du 12 décembre 2014) et la possible arrivée du loup dans leur secteur à moyen terme suscitent chez eux non seulement interrogations mais surtout inquiétudes.
Vous avez assisté à la projection du film documentaire « Le loup sans frontière » à Aubusson. Qu’en avez-vous pensé ?
Alain Labarre : La totalité du documentaire est filmé dans des paysages qui ne ressemblent pas aux nôtres. Ces territoires sont beaucoup plus marqués par le pastoralisme et la gestion des troupeaux ne peut se faire qu’avec des chiens ; c’est différent d’ici.
Évelyne Labarre : En effet, la végétation est différente de chez nous. Les espaces sont de grands espaces ouverts. Dans notre secteur, le parcellaire est plus morcelé et plus boisé. Si le loup arrive sur notre territoire, ce sera ingérable.
Que pensez-vous des mesures de prévention préconisées pour protéger les troupeaux des loups ?
E. L. : On nous parle du patou. Dans le film que l’on a vu, plusieurs troupeaux sont rassemblés en un seul et même endroit. C’est plus facile de mettre 1 ou 2 chiens de garde. Mais chez nous, s’il nous faut 1 ou 2 chiens par lot, c’est juste infaisable !
A. L. : Il nous faudrait au moins 6 chiens sur notre exploitation et employer également 3 bergers ! Mais qui va payer ? Toutes ces mesures de prévention c’est du vent. Sans oublier qu’il ne faudrait pas que les chiens de troupeaux se retournent contre des promeneurs éventuels car nous sommes dans un parc naturel ici où le tourisme a toute sa place.
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La suite est à lire dans la Creuse agricole et rurale du 2 janvier 2015.