Redoubler de vigilance à la sortie de l’hiver
Les études montrent qu’il est essentiel que les efforts de lutte directe (Ratron GW et piégeage) soient concentrés à la sortie de l’hiver, dès que les conditions météorologiques le permettent et avant la reprise de la reproduction.

D’importants moyens humains et financiers ont été initiés depuis 2016 à l’échelle du grand Massif central et de la Copamac-Sidam pour proposer de nouvelles méthodes de lutte contre le campagnol terrestre. Plusieurs axes sont travaillés conjointement afin de ne pas laisser les agriculteurs dans l’impasse. Ainsi, le projet de recherche « Causes du déclin » a permis de montrer que pendant la saison hivernale, les populations de campagnols terrestres vont naturellement décliner de moitié par arrêt de la reproduction et mortalité naturelle des individus les plus anciens. « Les efforts de lutte directe (Ratron GW et piégeage) doivent se concentrer à la sortie de l’hiver, dès que les conditions météorologiques le permettent et avant la reprise de la reproduction. L’objectif est d’éliminer un maximum d’individus reproducteurs avant la naissance d’une nouvelle génération et la pousse de l’herbe », explique Richard Randanne, vice-président de la Chambre d’Agriculture du Puy-de-Dôme, chargé du dossier Campagnols pour le Sidam.
Quelles dépenses éligibles ?
De même, les études démontrent que la lutte indirecte reste indispensable en toute saison. Il est notamment conseillé de favoriser la présence des prédateurs naturels du campagnol tels que le renard, l’hermine et certains rapaces dont l’action de chasse accentuera le déclin hivernal et sera favorisée par une faible hauteur d’herbe. De plus, l’hiver correspond à la période de reproduction des taupes, qui créent un réseau de galeries favorable aux campagnols. Le décompactage automnal et hivernal (septembre à fin janvier) permet de casser les galeries existantes et d’optimiser la détection des premiers indices à la sortie de l’hiver. « Ainsi, plus les agriculteurs seront collectivement réactifs au retour des beaux jours, en mobilisant les méthodes de lutte adaptées à chacun de leurs systèmes, plus leurs efforts de lutte devraient être récompensés », estime Richard Randanne. Pour pallier les difficultés financières rencontrées, la signature d’un contrat de lutte sur 5 ans avec la FREDON permet aux agriculteurs de bénéficier d’une indemnisation par le FMSE à hauteur de 75 % des coûts de la lutte. Parmi les dépenses éligibles, on retrouve notamment l’achat de matériel et de produits, mais également la facturation de travaux effectués par un prestataire (piégeage, Ratron GW, PH3, travail du sol, etc.). De plus, un forfait à l’hectare est également proposé pour indemniser la main d’œuvre nécessaire à l’application du Ratron GW et du PH3 (lutte contre la Taupe d’Europe) lorsque celle-ci est réalisée par un membre de l’exploitation. Ce contrat de lutte représente un coût de 110 € TTC par an.
Pour plus d’informations, se rapprocher des techniciens FREDON/FDGDON.