Les éleveurs attendent des mesures d’urgence pour dissuader le loup de s’installer en Creuse

Vendredi 14 janvier dernier, Madame la Préfète de la Creuse a réuni le Comité départemental Loup en présence de Jean-Paul Celet, préfet référent national sur la politique du loup.
Suite à plusieurs attaques, fin 2021 sur des troupeaux d’ovins, la présence du loup a été officiellement reconnue en Creuse, en Corrèze et en Haute-Vienne. Le président de la Chambre d’agriculture de la Creuse et les représentants professionnels FDSEA, JA et de la Fédération Départementale Ovine se sont mobilisés pour que les éleveurs creusois ne subissent pas des attaques difficiles à vivre techniquement, économiquement et humainement.
L’administration insiste sur le fait qu’il s’agit de loups de passage. Les éleveurs sont aujourd’hui sur le qui-vive, le loup semble avoir trouvé un territoire qui lui convient. L’éleveur qui a déjà subi des attaques, 3 nuits de suite, fin décembre a encore été la proie du loup ce week-end. L’ensemble de la profession exprime que cette situation préoccupante requière des mesures d’urgence.
L’étude de vulnérabilité réalisée par l’Institut de l’Élevage avec la collaboration des 3 Chambres d’agriculture départementales fin 2020 a démontré que le Limousin était un territoire difficile à protéger de la prédation par le loup. Il n’est pas nécessaire de faire de nouvelles études, les analyses des pratiques avec des systèmes de production basés sur la valorisation de l’herbe avec des animaux au pâturage toute l’année, la configuration des exploitations en mosaïques imbriquées entre elles, rendent les mesures de protection proposées dans le Plan National Loup inapplicables et inefficaces sur nos territoires. Le travail généré par la mise en protection, le coût pour des exploitations déjà fragilisées financièrement et l’impact psychologique engendré par les attaques signifierait la fin de l’élevage. Qui voudrait s’installer sur un territoire où il est impossible de conduire sereinement son troupeau sans la crainte de trouver le matin des animaux attaqués ?
Le temps n’est plus aux études, ni à faire des diagnostics systématiques dans toutes les exploitations.
L’urgence est là. La réponse de l’administration n’est pas appropriée. Il faut pouvoir mettre en œuvre rapidement des solutions adaptées pour empêcher l’installation du loup dans notre territoire : nous demandons des tirs de défense et même de prélèvement. L’avenir de l’élevage en Creuse est en jeu.
Pascal Lerousseau Président de la Chambre d’agriculture de la Creuse |
Christian Arvis Président de la FDSEA23 |
Thomas Saby Président de JA 23 |
Michel Bataille Président de la FDO de la Creuse |