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En coulisses, un nouvel avenir des écoles se prépare

L’idée de regrouper les écoles autour de “pôles scolaires” se poursuit. Seules les plus isolées seraient épargnées selon un document en cours de validation.

Le schéma proposé s’appuie sur des données statistiques étudiées à la loupe.
Le schéma proposé s’appuie sur des données statistiques étudiées à la loupe.
© R. S.-A.
Le schéma prospectif de l’aménagement du territoire scolaire dans le Cantal fait état d’une “évolution démographique plutôt défavorable” et de “moyens en baisse mais de taux d’encadrement qui restent favorables”. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un projet arrêté, il y a fort à parier que l’avenir des écoles rurales dépendra fortement des orientations proposées dans ce schéma qui fournit une analyse par “pays”. Celui d’Aurillac est présenté comme “une aire urbaine à la campagne”. Le pays du Haut Cantal est qualifié de “zone rurale fragilisée”, en raison notamment de son enclavement et de “l’absence d’un pôle central fédérateur”. Ce n’est pas le cas de celui de Saint-Flour, même si son caractère rural de montagne très marqué le rendrait également fragile.
Régulièrement, le document fait référence à des écoles “à surveiller”. En clair, l’administration garde un oeil attentif sur les effectifs de ces établissements afin de proposer, le cas échéant, des suppressions de postes, des regroupements pédagogiques ou des fermetures (et plus rarement d’éventuelles ouvertures de classe si l’effectif devait croître de manière spectaculaire). Même Aurillac n’y échappe pas, avec l’école de Tivoli observée à la loupe. Dans la vallée de la Jordanne, le rattachement de l’école de Velzic au regroupement existant entre Lascelles et Saint-Cirgues-de-Jordanne serait souhaité. Dans la vallée de la Cère, il est proposé de constituer un “pôle scolaire” entre les écoles de Saint-Jacques-des-Blats et de Thiézac, dont le rapprochement est qualifié “d’indispensable” et “d’urgent”. Dans le secteur de La Roquebrou, des fermetures de classes sont probables. Le regroupement entre Rouffiac et Cros-de-Montvert pourrait se concentrer sur un seul site. En outre, une association entre les écoles de Glénat et de Siran est soumise ; à moins de faire à terme de l’école de La Roquebrou une sorte d’école cantonale pouvant accueillir ces effectifs voisins. Ce même principe de pôle scolaire cantonal prévaudrait aussi autour du Rouget avec les écoles regroupées de Cayrols et de Roumégoux d’une part ; d’Omps et Pers, d’autre part. Quant à l’école de Parlan, il est stipulé qu’elle se trouve fragilisée par une désaffection des communes lotoises voisines. Isolée aussi, l’école de Vitrac pourrait renforcer les effectifs de Marcolès. Dans le canton de Maurs, l’école de Leynhac est présentée comme la plus isolée. Il est proposé de chercher des solutions de scolarisation vers Boisset, mais aussi vers Maurs ou Marcolès. En Haute-Châtaigneraie, les “petites” écoles de ce secteur, Leucamp, Teissières, Prunet, seraient invitées à rejoindre des pôles plus forts, comme Ladinhac ou Lafeuillade. Le schéma prospectif projette aussi des regroupements là où les effectifs sont bons. Témoin, la réflexion engagée sur la proximité des écoles de Lafeuillade et de Lacapelle-del-Fraisse, qui comptent respectivement quatre et trois classes.

Dans le Nord Cantal

Sur le canton de Mauriac, le document souligne que “seules les écoles qui ont pu se constituer en pôles de scolarisation cohérents, notamment en regroupant leurs moyens, réussissent à maintenir leurs effectifs dans un contexte global de déprise démographique”. Deux écoles à classe unique ne seraient pas viables à court terme : Chalvignac et Moussages. Une scolarisation sur Mauriac ou Le Vigean serait à envisager. Dans le secteur de la Xaintrie, l’école de Saint-Christophe est menacée. Un poste sera probablement rendu et le schéma conseille d’ores et déjà un rapprochement avec l’école de Pleaux. En pays Gentiane, l’idée de scolariser les enfants de Valette et Menet à Riom-ès-Montagnes est lancée ; le regroupement entre Cheylade et Le Claux pourrait se décliner sur un seul site ; idem pour l’association entre Lugarde et Marchastel ; quant à la pérennité de l’école de Saint-Étienne-de-Chomeil, elle est remise en question. En Sumène-Artense, l’influence d’Ydes serait telle, que même l’organisation d’une école à cinq classes comme celle de Saignes serait touchée. Dans ce même secteur, l’école de Saint-Pierre pourrait fermer et l’ensemble des élèves être scolarisés à Champagnac. Dans le Cézallier, il est envisagé une fermeture de classe à Condat ; la pérennité de l’école de Marcenat est en question ; l’école de Montboudif devrait fermer.  

Dans l’arrondissement de Saint-Flour

En pays sanflorain, les écoles de Coren et de Tanavelle devraient se tourner vers Saint-Flour. Un peu plus loin, l’exiguité des locaux de l’école de Paulhac a été au contraire remarquée, au vu de son bon effectif. En Margeride, le regroupement entre Chaliers et Clavières continuerait d’être menacé, tandis que Faverolles reste “très fragile”. En Planèze, il est considéré que les effectifs de Valuéjols et de Coltines ne permettent pas de maintenir trois classes. Quant à Ussel, l’école gagnerait à être regroupée sur un seul site. Du côté d’Andelat et de Roffiac, une nouvelle répartition des élèves est envisagée. En pays de Murat, il est noté que l’école de Chalinargues (associée à la maternelle du Mouret) paraît “un peu surdimensionnée”. Du côté de Pierrefort, le renouvellement difficile de la population scolaire de Cézens met en péril l’école ; une scolarisation sur Pierrefort ou Paulhac serait alors possible. Après s’être battue l’an dernier, Brezons risque de nouveau d’être confrontée à un projet de fermeture ; une hypothèse d’association avec le regroupement de Narnhac et Saint-Martin-sous-Vigouroux est également étudiée (sans quoi ce regroupement pourrait perdre une classe sur trois). Les écoles qui ne sont pas citées dans cette synthèse ne semblent pas poser de problème à l’administration dans leur fonctionnement actuel. Elles sont soit des pôles déjà suffisamment attractifs, soit si éloignées des autres structures que leur maintien - même à effectif moyen - se justifie. Pas de projet arrêté, certes. Mais nul doute que la carte scolaire, qui ne sera révélée qu’après les élections municipales et cantonales de mars prochain, prendra en compte l’ensemble des remarques contenues dans ce schéma prospectif.  

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