De la bourse aux champs, plongée dans la démesure
Dans le cadre d’une formation proposée par l’Ucal, une douzaine de jeunes agriculteurs bourbonnais sont partis aux États-Unis dans l’Iowa et l’Illinois pour un séjour de découvertes. Nicolas Perret, Florian Pinfort, agriculteurs du bassin vichyssois et Benoît Laboutière, technicien Val’Limagne.coop, nous racontent ce périple pas comme les autres.

Une exploitation gigantesque, une route interminable, puis une autre exploitation tout aussi démesurée. Durant cinq jours, dans le cadre du programme Atout jeune proposé par l’Ucal, une douzaine de jeunes agriculteurs bourbonnais et deux techniciens ont parcouru 2 000 kilomètres en bus dans le nord-est des États-Unis. C’est dans la Corn belt (*) et plus spécifiquement dans les États de l’Iowa et de l’Illinois que le groupe a visité plusieurs sites lors d’un voyage intense.
Chicago Board of trade, la bourse de commerce
« On a débuté notre périple en se rendant au Chicago Board of trade (CBOT), bourse de commerce (la plus ancienne des USA, NDLR) située à Chicago où se négocient encore en temps réel les marchés des céréales et de la viande, en plus de plein d’autres choses », se souvient Benoît Laboutière, technicien chez Val’Limagne. « On voit les traders faires des grands gestes pour signifier leur volonté d’acheter ou de vendre. Puis plus un bruit avant d’entendre un brouhaha. C’est assez fou à voir », ajoute Nicolas Perret, agriculteur à Brugheas également du voyage. « Quand on voit ça, on a du mal à se dire que ce qui se décide à Chicago a des répercussions chez nous. On se sent tout petit », dit enfin Florian Pinfort, exploitant à Saint-Pont.
Exploitations gigantesques
Si ce détour par cette place forte de la bourse valait, à lui seul, le voyage, ce sont aussi les visites de fermes qui attiraient la curiosité. De la « petite » structure à 800 hectares à la plus grosse machine de 4 000 hectares. « Ce qui m’a impressionné, c’est le peu de diversité dans l’assolement, commente Nicolas Perret. Du maïs et du soja répétés en rotation. Très peu de place aux intercultures et nous n’avons vu que peu de blé ». Benoît Laboutière retient « la modernité des exploitations. Nous avons visité une ferme de 2 000 hectares avec 220 vaches laitières, des Jersiaises en l’occurrence, pour qui tout était entièrement automatisé. Des investissements payants puisque la production atteint 10 000 litres par an environ ». De même, le groupe ne s’attendait pas « à voir autant d’élevage dans une région tellement connue pour ses céréales ». Et comme l’Amérique n’a guère le sens de la mesure, l’exploitation porcine abritait 55 000 porcs (avec un projet d’agrandissement à 90 000) et le feedlot visité comptait 5 000 places.
Retrouvez la suite de l'article dans notre journal N°1173 du 21 juin 2018.