Sojalim renforce la filière soja « made in Sud-Ouest »
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L’unité Sojalim de trituration de graines de soja locales tracées et non OGM est située au pied des Pyrénées à Vic-en-Bigorre (65) chez le fabricant d’aliments du bétail Sanders Euralis. Détenu à 55 % par Euralis et 45 % par Avril, l’investissement se monte à 3,65 millions d’euros, pour une capacité annuelle de trituration de 25 000 tonnes de graines (dont 20 % de soja bio). Démarrée en juillet 2017, Sojalim exprime la volonté d’Euralis et d’Avril, partenaires de Sanders Euralis depuis 2013, de structurer une filière « soja de France » alternative à l’importation d’outre Atlantique. Avec 140 000 ha emblavés en 2017, cette culture connaît un net rebond, dont 60 % dans le Grand Sud-Ouest. L’objectif est de dépasser les 200 000 ha d’ici 2020. La certification non OGM et la possibilité d’une transformation « à la porte de la ferme » séduisent les éleveurs comme les consommateurs, plus enclins à acheter des produits locaux nourris avec du tourteau de « soja d’ici ». Avec des teneurs plus élevées en protéines (48,5 % contre 45 %) et matière grasse (9 % contre 3 %) le tourteau français se valorise mieux, en dépit d’un prix plus élevé, mais moins volatil.
Valoriser aussi ses céréales
Les palmipèdes et les volailles représentent 57 % des 300 000 tonnes d’aliment produites par Sanders Euralis. L’usine propose également de la « mouture à façon » aux éleveurs céréaliers et maïsiculteurs. En vendant leurs matières premières à Euralis, ils peuvent acheter moins cher l’aliment complet chez Sanders Euralis. En effet, la part céréalière équivalente aux céréales livrées ne coûte que les surcoûts intermédiaires (fabrication, transport et marge). Pour la coopérative, ce deal « gagnant-gagnant » permet de faire tourner l’usine dont elle est actionnaire et c’est une alternative à la fabrication d’aliment à la ferme.