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"Nos trappes basses sont efficaces contre les coups de chaleur en volailles"

Chez Thomas et Maxime Decherf, les trappes d’entrée d’air ajoutées en partie basse aident à mieux ventiler les bâtiments de poulet lourd, avec un effet bénéfique en périodes chaudes mais aussi en fin de lot.

Thomas Decherf (à droite) et Vincent Hillaireau, de Sanders « Les trappes basses favorisent le renouvellement de l’air sur la zone proche des entrées d’air, habituellement sous ventilée. »
Thomas Decherf (à droite) et Vincent Hillaireau, de Sanders « Les trappes basses favorisent le renouvellement de l’air sur la zone proche des entrées d’air, habituellement sous ventilée. »
© A. Puybasset

« Avec les trappes basses, nos bâtiments sont mieux équipés pour passer les coups de chaleur. Je suis plus serein à l’approche de l’été, avec le sentiment d’avoir fait tout ce que je pouvais pour réduire l’impact du stress thermique sur mes volailles. »

Éleveur de poulets lourds à Guerlédan (Côtes-d’Armor), Thomas Decherf s’est installé en 2020 avec son frère Maxime, en reprenant et en rénovant deux sites de deux poulaillers, totalisant 4 200 m2.

Trois d’entre eux ont été dotés d’une seconde rangée de trappes d’entrée d’air, positionnées sous les trappes principales. « Dans ces bâtiments à ventilation dynamique latérale, la zone près du long pan, situé du côté des entrées d’air, est plus difficile à ventiler, avec des vitesses d’air insuffisantes lorsqu’il fait chaud. En ouvrant les trappes basses, on crée un circuit d’air sur cette zone et on améliore l’homogénéité des vitesses d’air au sein du bâtiment », explique-t-il.

 

Cela a été confirmé par les audits de ventilation réalisés par Tell Élevage, dans son élevage ainsi que dans plus de 80 bâtiments du Gaevol. « Dans les poulaillers de type Colorado, l’ajout de trappes basses multiplie par trois la vitesse d’air au niveau des animaux, passant de 0,1-0,3 m/s à environ 0,8 m/s dans cette zone sous-ventilée », précise Vincent Hillaireau, responsable technique de Sanders Bretagne. En parallèle, Thomas Decherf a ajouté des ventilateurs ou turbines pour augmenter la capacité d’extraction à 225 m3/m2/h, contre 190 m3/m2/h auparavant.

 

Un retour sur investissement assuré

 

 
"Nos trappes basses sont efficaces contre les coups de chaleur en volailles"
© A. Puybasset

 

Pour l’éleveur qui dispose de deux années de recul, le retour sur investissement de ces équipements est évident (coût de 5€/m2 pour les trappes basses, pose et régulation comprises). « Il se fait sur tous les lots, pas seulement ceux d’été », justifie-t-il. « Il n’y a pas eu de surmortalité ni d’étouffement lors des épisodes de températures élevées sur les deux dernières années, même lorsqu’ils arrivaient sur des poulets plus âgés. J’ouvre aussi les trappes basses sur toutes les fins de lot (30 à 45 jours d’âge). Le poulet Ross 308 a besoin d’une bonne oxygénation. En améliorant l’ambiance notamment dans la zone sous trappes, les trappes basses contribuent à améliorer les performances de croissance. De plus, dans l’un des bâtiments (P3), les trappes basses servent dès le démarrage, à la place des trappes existantes durant les deux premiers paliers de ventilation. Situées trop haut (2,20 m), ces dernières ne permettaient pas une bonne induction à faible débit. »

 

Une ouverture à un tiers de la capacité de ventilation

De marque Fancom, les trappes basses sont positionnées à 90 cm du sol, à raison d’une par travée, soit tous les 4,5 mètres. Les deux bâtiments entièrement remis à neuf (P1 et P2) comptent au total 80 trappes dont 20 en position basse pour celui de 1 200 m2 et 60 trappes dont 15 en bas pour celui de 1 000 m2.

 

 
Les trappes basses s’ouvrent dès lors que les besoins de ventilation atteignent 35% de la capacité maximale du bâtiment.

Les trappes basses s’ouvrent dès lors que les besoins de ventilation atteignent 35% de la capacité maximale du bâtiment. © T. Decherf

 

« Jusqu’aux 4-5 premiers paliers de ventilation, l’air entre uniquement par les trappes hautes. Les trappes basses s’ouvrent, en complément, à partir de 30 à 35 % de la capacité de ventilation maximale» Elles sont régulées par l’automate du bâtiment et considérées comme une troisième zone de ventilation. Selon son ressenti en passant le long des trappes, Thomas Decherf n’hésite pas à en augmenter l’ouverture.

 

Thomas Decherf (à droite) et Vincent Hillaireau, de Sanders « Les trappes basses favorisent le renouvellement de l’air sur la zone proche des entrées d’air, habituellement sous ventilée. »

 

Tous ses poulaillers sont également équipés d’une rampe de brumisation. Elle démarre dès que la température dépasse de 6,5 °C la consigne à 25 jours ou 4,5 °C à 30 jours. L’éleveur ajuste le temps de marche de la brume en fonction de l’hygrométrie, de l’âge des animaux et des conditions extérieures.

Lors des périodes de canicules, il enlève les caches turbines (pour gagner un peu en capacité d’extraction et donc en vitesse d’air), réduit l’intensité lumineuse et ferme les fenêtres jusqu’à ce que la température du bâtiment baisse. Sur les lots d’été, il demande aussi une plus faible densité (19-19.5 poulets/m2).

Armelle Puybasset

 

Des trappes situées à un mètre du sol

Pour des bâtiments à ventilation transversale, Vincent Hillaireau conseille de positionner les trappes hautes à 1,65-1,70 mètre et les trappes basses à 90-125 cm, en privilégiant des modèles avec déflecteur pour ces dernières, pour mieux orienter la veine d’air. « Certains éleveurs utilisent les trappes basses au démarrage du lot, dans le cas de bâtiments avec trappes constructeur, de trappes discontinues positionnées trop hautes ou ne permettant pas une veine d’air suffisamment épaisse à faible débit. »

 

 
Lors de ce test de ventilation à débit d'air maximal réalisé avant la mise en place, la position parallèle du papier déroulé montre bien l'effet retour du circuit d'air sous les trappes.
Lors de ce test de ventilation à débit d'air maximal réalisé avant la mise en place, la position parallèle du papier déroulé montre bien l'effet retour du circuit d'air sous les trappes. © V. Hillaireau
En configuration de ventilation longitudinale, les trappes basses sont réparties de chaque côté sur la première moitié du bâtiment opposée à l’extraction (une pour deux trappes hautes). « L’ouverture des trappes du fond est gérée « en esclave », avec une ouverture à 50 % quand celles de la première zone atteignent 100 %. »

 

Un quart du parc du Gaevol équipé de trappes basses

Le plan d’action « Coup de Chaleur » du Gaevol et de Sanders, lancé après l’été caniculaire de 2019, a porté ses fruits.

En 2020 et 2021, jamais la caisse « coup de chaleur » du groupement Gaevol n’a été si peu sollicitée depuis sa mise en place il y a 20 ans.

Élaboré à partir de diagnostics ventilation réalisés dans 85 poulaillers, le plan d’action « Coup de chaleur » a abouti à des préconisations, notamment pour améliorer l’homogénéité des vitesses d’air, faisant souvent défaut notamment dans les bâtiments à ventilation transversale. « Nous sommes désormais mieux armés techniquement pour gérer les coups de chaleur, » relève Vincent Hillaireau. Les leviers ont porté sur l’optimisation des réglages, l’entretien des équipements de ventilation (pour réduire les pertes de charges) et sur un programme d’investissement.

 

 
Installées dans les bâtiments avec trappe constructeur, les trappes basses servent aussi en démarrage du lot.
Installées dans les bâtiments avec trappe constructeur, les trappes basses servent aussi en démarrage du lot. © V. Hillaireau
35 % des bâtiments de poulet lourd en ventilation transversale sont aujourd’hui équipés de trappes basses. « La majorité des éleveurs en sont satisfaits. Beaucoup s’en servent aussi en fin de lot pour mieux oxygéner les poulets. » 30 % ont aussi augmenté leur débit de ventilation, pour atteindre 220 à 240 m3/m2/h en Colorado ou 1,3 à 1,4 m/s de vitesse d’air en ventilation longitudinale. 100 % des bâtiments sont équipés de brumisation.

Par ailleurs, durant la période à risque de chaleur (juin à septembre), les ramassages de lots sont optimisés en fonction des conditions climatiques et des lots à risque, identifiés chaque semaine grâce à une coordination entre le Gaevol et les abattoirs.

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