Chili
Une viticulture qui connaît aussi son lot de difficultés
Chili
" Depuis l´Hexagone, le travail des viticulteurs chiliens semble plus facile aux vignerons français. Mais ce n´est pas réellement l´Eldorado que l´on veut bien décrire. L´histoire de la viticulture chilienne est en train de s´écrire et il reste de nombreux problèmes techniques à résoudre ", insiste Carole Dumont, conseillère viticole de la société Asesorias Marty Ltda, basée au Chili.
Certes, le pays est épargné de bon nombre de maladies et de prédateurs grâce aux barrières naturelles qui le protègent : la Cordillère des Andes à l´est, le désert d´Atacama au nord et le Pacifique à l´ouest. Mais le vignoble chilien n´est pas indemne de prédateurs. Il existe notamment le burritos, dont la larve se nourrit de racines puis migre à l´âge adulte le long du tronc et s´attaque aux feuilles et aux jeunes pousses. Pour le maîtriser, les viticulteurs chiliens ont eu l´idée de placer une barrière physique le long du tronc : des bandes jaunes enduites d´une pâte insecticide. L´insecte s´englue et meurt.
Pour combattre le burritos, dont l´adulte migre le long du tronc, les viticulteurs chiliens ont eu l´idée de placer une barrière physique : des bandes enduites d´une pâte insecticide. ©M. Ivaldi |
Des cochenilles sans coque, les chanchitos blancos, ou littéralement " petits cochons blancs ", causent également des dommages. Les nymphes, les larves et les adultes se nourrissent sur les sarments, les feuilles et les grappes. " Dans le pire des cas, on trouve à la véraison des amas de pontes dans les grappes avec la présence d´adultes et de fourmis qui se nourrissent du miellat fabriqué par les chanchitos. Cette attaque favorise l´implantation de maladies et notamment de botrytis ", explique Carole Dumont. Les produits phytosanitaires disponibles pour lutter contre l´insecte sont souvent très agressifs vis-à-vis de l´environnement et notamment de la faune auxiliaire. Dans la liste des produits efficaces, seul l´imidaclopride est autorisé en Europe. " Dans le cas du burritos, les viticulteurs sont chanceux, il y a une solution phytosanitaire. Mais dans certains cas, on se trouve dans une véritable impasse technique car nous n´avons plus ou pas de produits ", indique Carole Dumont.
Par ailleurs, l´emploi des salariés ne ressemble pas au tableau idyllique d´une main-d´oeuvre peu chère et disponible. " Les travailleurs sont embauchés à la semaine mais si, au cours de la semaine, ils trouvent un propriétaire meilleur payeur, ils ne se présentent plus à leur poste ", explique Carole Dumont. Or, la culture d´avocats et celle des petits fruits rouges est en pleine explosion et la rémunération proposée aux salariés va de pair avec cette économie florissante. Les travailleurs y voient vite leur intérêt.
" Le secteur du vin est presque le parent pauvre de l´agriculture chilienne ", déplore Carole Dumont.